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Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Le thème de Sainte Anne trinitaire est apparu au XIIIè siècle et a connu beaucoup de succès à partir du XVè.
Dans la représentaton classique, Sainte Anne  porte sur ses genoux Marie qui porte elle-même Jésus, cela est purement symbolique car Sainte Anne serait morte avant la naissance du Christ. Léonard de Vinci et d'autres artistes comme le Caravage vont traiter le thème d'une façon modernisée.
Après de nombreuses reprises dans sa composition Léonard de Vinci laisse son oeuvre inachevée à sa mort en 1519.
L'exposition rassemble toutes les esquisses de composition, dessins préparatoires, études de paysages qui montrent le cheminement de Léonard de Vinci qui a duré vingt ans.
Dans la dernière salle on découvre le tableau du Louvre restauré. Il a retrouvé ses couleurs limpides, le magnifique manteau bleu de la Vierge et un paysage transparent. Proche de lui le grand dessin préparatoire des années 1500 (National Gallery de Londres) presque aussi grand que la peinture.  Léonard de Vinci a remplacé le Saint Jean Baptiste par un agneau préfigurant le sacrifice du Christ.
J'ai failli manquer cette très belle exposition qui se termine le 25 juin, même si j'ai trouvé un peu lassant le défilé des nombreuses copies de cette Sainte Anne faites par d'autres artistes ou par l'atelier de Léonard de Vinci.

Tableau avant restauration

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Tableau restauré
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Carton de la National Gallery de Londres

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 Esquisses

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Dans cette même exposition sont présentés des tableaux représentant la famille de Sainte Anne. Evidemment cela m'a incitée à aller rechercher quels sont les personnages qui y figurent.

J'ai ainsi découvert que Sainte Anne avait eu trois maris et trois filles :

- avec le premier Joachim et après une vingtaine d'années de stéritilé, elle donne naissance à Marie, la Vierge Marie qui comme on le sait aura pour fils Jésus (Marie s'étant mariée avec Joseph).

- avec son second mari, Cleophas, naîtra Marie-Jacobé. Marie-Jacobé épousera Alphée et elle aura quatre fils : Simon, Jude, Joseph et Jacques (le Mineur) qui sera apôtre de Jésus.

- avec son troisième mari, Salomé, elle mettra au monde Marie-Salomé. Cette dernière épousera Zébédée et donnera naissance à Jacques (le Majeur) et à Jean tous deux apôtres.

 Marie-jacobé et Marie-Salomé sont donc les demi-soeurs de la Vierge Marie, et leurs garçons sont des cousins germains de Jésus, appelés communément ses frères, ils  apparaissent dans les Evangiles.
Pour compléter la famille, Sainte Anne aurait une soeur, Ismérie mariée à Zacharie, dont la fille Elisabeth donnera naissance à Jean le Baptiste, donc cousin issu de germain du Christ.

 "Saint-Anne trinitaire" est sur certaines oeuvres complétée par la présence de Joachim, de Marie-Jacobée avec son père Cléophas et ses quatres bambins ; le groupe Salomé et Marie-Salomé et les deux petits apôtres en herbe ; les rejoignent parfois Elisabeth, Zacharie et le Baptiste.

Je n'ai pas trouvé les oeuvres de la famille de Sainte Anne que j'ai vues au Louvre, mais deux autres représentations :

  

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 Quentin Matsys - partie centrale d'un triptyque - Le retable de Sainte Anne 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Méconnu , Giovanni Battista Cima de Conegliano fut un peintre renommé en son temps. Ses oeuvres étaient appréciées et recherchées par les amateurs d'art.
Cima est né à Conegliano dans l'arrière-pays vénitien en 1459-1460 . Après s'être installé à Venise près du Rialto en 1487-89 Cima  retournera régulièrement à Conegliano et y possédera même 15 hectares de terres.
Place privilégiée du paysage dans les tableaux de Cima.
La présence de paysage de campagne était une tradition dans l'art vénitien. Giovanni Bellini était pionnier en ce domaine. C'était pour beaucoup de peintres des paysages imaginaires caractérisant la région ou   puisés dans l'œuvre gravée de Dürer. Cima invente un paysage archétypique en faisant  apparaître Conegliano de façon permanente dans ses arrière-plans. Il déforme toutefois la réalité et ses représentations sont l'illusion d'un panorama connu. Ses paysages sont paisibles alors que la campagne vénitienne est alors ravagée par les batailles et modifiée par l'intensification de l'exploitation agricole.
L'essor de la peinture à l'huile à la Renaissance.
On attribue au Frères Van Eyck l'invention de la peinture à l'huile. En réalité les peintres du Moyen Age utilisait déjà l'huile pour recouvrir d'une dernière couche huileuse  de protection leur peinture à la tempera (technique consistant à employer des couleurs diluées dans l'eau, auxquelles est adjoint un liant comme la colle de peau ou l'oeuf). Au fil des générations, cette couche d'huile s'est progressivement chargée en pigment donnant ce que l'on peut qualifier de premiers glacis.
 
Les frères Van Eyck ont surtout contribué à l'introduction d'huiles activant la dessiccation des couleurs, notamment l'huile de lin. Ils ont pu ainsi superposer des couches de couleurs transparentes, les glacis apportant aux couleurs plus de finesse pour donner aux étoffes et aux détails un haut degré de réalité.
La tradition veut qu'Antonello da Messina après un voyage dans les Flandres rapporte la technique de l'huile à Venise en 1475. C'est un bouleversement, Giovanni Bellini est le premier à préférer l'huile à la tempera. Parallèlement la toile fait son apparition, elle est plus facile à transporter et résistante au climat humide de Venise.
Cima da Conegliano donnera sa préférence au bois, mais utilisera de façon magistrale la technique de l'huile et des  glacis.Ses glacis sont d'une grande richesse chromatique. Cima applique  sur les plis les  plus profonds des drapés orange-jaune des glacis orange-marron, c'est une nouveauté. Pour les ciels lumineux Cima pose à la base une couche d'azurite, très prisée par les Flamands, puis ajoute du lapis-lazuli qu'il éclaircit au blanc de plomb.
Le thème de la vierge à l'enfant
Cima est avant tout un peintre religieux, il a produit de nombreuses Vierges à l'Enfant. Son atelier permet de satisfaire les commandes croissantes en matière de dévotion. Il plait à tous avec un langage simple et intelligible.
On ressent une réelle émotion devant ses Vierges.

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cima1.jpgA l’apogée de sa carrière, Cima influence la peinture de Giorgione et va être le maitre de la génération de Lorenzo Lotto, Titien et Sebastiano del Piombo. Cima meurt probablement à Conegliano en 1517

Détail - Vierge à l'enfant entre Saint Michel l'Archange et Saint André l'apôtre.
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Conegliano de nos jours.
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A LIRE - CIMA DA CONEGLIANO Maître de la Renaissance Vénitienne - L'OBJET D'ART HORS SERIE N° 61

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Quelque peu oublié le nom de José Maria Sert n'apparâit pas dans les dictionnaires des grands peintres, peut-être parce qu'il est considéré comme un peintre de décor : il habillait les murs mais n'a jamais peint de fresque.
Par manque de communication l'exposition du Petit Palais est quasi déserte. Sert m'était inconnnu et doit l'être pour beaucoup. Le guichetier lui même n'était pas très encourageant pour faire valoir l'exposition, mais la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut.
Grande surprise, grand bonheur, grand peintre : les toiles sont gigantesques, les couleurs éclatent, les visages sont peints à la Goya.
JM Sert est né en 1874 dans une famille bourgeoise spécialisée dans le textile. A vingt ans, talentueux dessinateur, il créé pour l'entreprise familiale des cartons de tapisserie. Il se forme à  l'Ecole des beaux-arts de La Llotja et fréquente la célèbre brasserie Els Quatre Gats où il rencontre Gaudi, Ramon Casas, Miguel Utrillo.
A la mort de ses parents en 1899 il s'installe à Paris dans l'ancien atelier d'Horace Vernet.

Après un voyage en Italie, impressionné par les fresques de Giotto à Assise, son grand désir est de décorer son église. L'évêque de Vic (Catalogne) lui propose la décoration de la cathédrale de la ville. Ce sera le projet le plus important de sa vie. Il fait un premier projet, oeuvre disparue, "le monde bienheureux" et expose au salon d'automne de 1907 à Paris plusieurs toiles et quelques esquisses. Il obtient un véritable succès, on le compare aux grands maîtres de la fin de la Renaissance.

Pour faire avancer les travaux de la Cathédrale, JM Sert accepte des commandes pour les hôtels particuliers. Il acquiert une solide réputation et décore la salle à manger de l'amant de Coco Chanel, Arthur Capel. Capel se tue lors d'un accident de voiture, le Baron Robert de Rothschild rachète alors le décor pour son pavillon de chasse de Chantilly.

Ce décor "les quatre saisons" (1917-1919) présenté au Petit Palais nous enferme dans un univers fabuleux, la peinture envahit totalement les quatre murs de la pièce.

les4saisons3-copie-1.jpg

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 JM Sert rencontre en 1908 la muse de Toulouse Lautrec, Misia et l'épouse en 1920. Fortuné, le couple voyage beaucoup. Il aime les rues, les fêtes foraines, le cirque. Il utilisera ce sujet pour le paravent du boudoir de la Reine d'Espagne, Victoire Eugénie, en 1920.

Superbes panneaux peints à l'huile sur étain sur bois (275 x 400 cm). -Scène de cirque - (exposés au Petit Palais) funanbule4.jpg

 En 1924, JM Sert expose à New York, il reçoit des commandes de plus en plus prestigieuses.

L'année suivante, il tombe amoureux de Roussaname Mdivani dite Roussy. Les rumeurs d'un couple à trois se répandent dans Paris et font l'objet d'une pièce de théâtre. Sert divorce et épouse Roussy en 1928.

Abandonné depuis la mort de Torras i Bages, le projet de la cathédrale de Vic reprend avec un nouveau mécène, Francesc Cambo. JM Sert utilise un style plus simple et plus harmonieux avec des sous couches de métal et des couleurs bistres et or. En 1926 les toiles pour la décoration de l'abside  exposées au Jeu de Paume impressionnent le public. C'est une consécration pour Sert.

Crucifixion (qui sera détruite en 1936)

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 A 59 ans, JM Sert est apprécié en France et à l'étranger. Son oeuvre séduit une riche clientèle. Très mondain il a pour amis Chanel, Claudel, Cocteau, Colette, Picasso, Dali, de Falla, Stravinsky.

Viennent alors les grandes commandes :

Le salon de l'Hotel Waldorf Astoria en 15 panneaux "Les noces de Camacho"les-noces-de-camacho-waldorf-astorai.jpg

 La Société des Nations à Genève

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  Le décor du Hall du nouveau RCA Building de Rockefeller à New-York (où il retrouve Diego Rivera pour l'installation)

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 ainsi que le Palau March à PALMAfresque-a-Palma---Palau-Mars.jpg

 On peut voir au Petit Palais, entre autres merveilles :  "le Carrousel" le-carrousel.jpg

 Ce qui est passionnant chez JM Sert c'est sa façon de préparer ses oeuvres. Il créé ses décors en utilisant des modèles vivants mais aussi des santons (il en achètera plusieurs centaines appartenant à une crèche napolitaine) et des mannequins en bois articulés. Il photographie ses mises en scène sous tous les angles, mets les photos au carreaux et souligne sur les clichés les lignes fortes.       Sans-titre-1-copie-1.jpg

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 JM Sert fait également des maquettes pour proposer ses futurs décors. Celles exposées au Petit Palais sont extraordinaires.
En 1936, dès les premiers jours de la guerre civile espagnole, la cathédrale de Vic est entièrement brûlée et plusieurs membres du chapitre exécutés.

En 1938 après avoir perdu son frère adoré, Roussy, amaigrie par les drogues, meurt de la tuberculose.

JM Sert se réfugie dans le travail et revoit son grand projet de la cathédrale de Vic, il passe du "Monde bienheureux" à la "Danse de la mort".

Cathédrale de Vic

cathedrale-Sant-Pere-de-Vic.jpg cathedrale-de-vic.jpg

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 esquisse pour la crucifixioncathedrale-Sant-Pere-esquis.jpg

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 Une oeuvre de JM Sert se trouve  au Musée Carnavalet à PARIS

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JM Sert a survécu à peine un mois à l'achèvement de son décor. Il meurt le 27 novembre 1945. Il est inhumé dans "sa cathédrale".

Si vous n'êtes pas trop loin de Paris, courrez au Petit Palais. 

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