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Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Plan de Delft - 1652

Plan de Delft - 1652

En 1651, Carel Fabritius , jeune peintre de talent, s'installe à Delft, petite ville des Pays bas située entre la Haye et Rotterdam. Il vient de se marier en seconde noce avec une habitante de Delft Agatha Van Pruyssen. Sa première femme, épousée alors qu'il n'avait que 19 ans, est morte en couches en 1643.

Carel est né le 27 février 1622, il est l'aîné d'une famille nombreuse. Son père, Pieter Carel, est maître d'école et peintre. Sa mère est sage femme. Il commence par étudier la peinture avec son père puis rejoint l'atelier de Rembrandt, à Amsterdam, probablement de 1641 à 1643. Il a pour compagnon d'apprentissage Samuel Van Hoogstraten. Rembrandt travaille alors à son célèbre tableau 'La ronde de nuit".

Le nom de Fabritius attribué à la famille n'apparait qu'à partir de 1641 et s'applique à la première formation de menuisier (faber en latin) de Carel et de son frère Barent (qui sera également peintre, tout comme Johannes un autre des frères).

Carel Fabritius s'inscrit à la guilde de Saint Luc de Delft en 1652, condition sine qua non pour pouvoir prendre des apprentis . En décembre 1653 Johannes Vermeer (né à Delft et qui y réside) est également admis comme maître à la guilde de Saint Luc.

Au XVIIe la faïencerie est à son apogée à Delft. La ville est prospère. Le commerce avec l'extrême orient s'appuyant sur la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, fondée dès le début du siècle, permet l'arrivée massive des porcelaines chinoises. Lorsqu'en 1647 des troubles politiques en Chine interrompent le commerce de la Compagnie, les faïenciers de Delft prennent le relais et fournissent le marché en imitant, avec leur pâte blanche, la porcelaine chinoise. Les premières pièces sont décorées de chinoiseries bleues, puis avec le temps les décors se personnalisent. Les faïences blanches à décor bleu seront appelées "Bleu de Delft".

Fort dangereux pour la ville, un entrepôt en partie souterrain a été installé depuis 1637 sur le terrain de l'ancien couvent des Clarisses. On y stocke 450 tonnes de poudre de nitre (nitrate). On peut penser que cette "poudrière" entrepose aussi de la poudre à canon et d'autres munitions à usage militaire. Peu de personnes ont connaissance de l'existence de cet entrepôt : c'est le "Secret de la Hollande". Dans les années qui suivent l'installation de la poudrière, l'industrie drapière a fait place à des habitations construites pour la plupart autour de la Doelenstraat.

En 1654, Carel Fabritius demeure Doelenstraat. Il a peint un petit tableau, destiné à une famille de la Haye dont le nom, De Putter, signifie Chardonneret en néerlandais .C'est un panneau de bois de 33,5 x 22,8 cm supposé être destiné à une plaque de maison ( des marques de clous sur le support de la peinture suggèrent qu'il a pu être cloué) .

Le chardonneret - Musée Mauritshuis - La Haye

Le chardonneret - Musée Mauritshuis - La Haye

Abraham Mignon - détail

L'oiseau est peint en taille réelle, sur un fond crémeux, suivant la technique du trompe-l'œil, mais la matière est épaisse, on distingue les coups de pinceaux et les rayures faites avec le manche du pinceau. Carel a abandonné le style de Rembrandt pour une palette plus claire et lumineuse.

Ce malheureux petit chardonneret est attaché à son perchoir par une chaînette passée à la patte. La chaînette est si courte que l'oiseau ne peut faire que quelques battements d'ailes pour se retrouver aussitôt et toujours à la même place.

Les chardonnerets étaient des animaux domestiques très prisés. Ils étaient dressés pour ouvrir leur mangeoire afin de se nourrir et puiser de l'eau dans leur abreuvoir avec un seau de la taille d'un dé à coudre.

Quelle horrible destinée pour un aussi adorable petit oiseau !

Trompe l'oeill - 1655

Au moment où Fabritius peint "Le chardonneret", son plus célèbre tableau, Samuel van Hoogstraten, avec lequel il a conservé des liens étroits depuis son apprentissage chez Rembrandt, crée la première véritable peinture en trompe-l'œil dont la tradition perdurera tout au long du XIXe siècle.

Le 12 octobre 1654, Carel Fabritius, dans son atelier de Doelenstraat , est occupé à peindre le portrait du sacristain Simon Decker . Dans la maison se trouvent son frère, sa belle-mère et son disciple Mathias Spoors. On ne sait où se trouve sa femme.

A 10 h 15, le gérant de la poudrière, Cornelis Soetens, entre dans l'entrepôt pour y chercher un échantillon d'explosif. Sa lanterne projette sans doute quelques étincelles qui atteignent la poudre. Il se produit alors une série d'explosions. Les dégâts sont considérables : au moins cinq cents maisons sont totalement ravagées, on compte plus d'une centaine de morts. Des constructions situées un peu plus loin subissent également des dommages sévères, notamment tous les vitraux des deux églises. (la partie détruite se situe vers le haut sur la partie gauche de la ville - voir plan de 1652)

La maison de Carel Fabritius s'est écroulée, ses habitants sont ensevelis sous les décombres. Il faudra six à sept heures pour les dégager . Carel Fabritius est le seul encore en vie mais décède à son arrivée à l'hôpital.

Egbert van der Poel - 1654 - Explosion de la poudrière de Delft

Egbert van der Poel - 1654 - Explosion de la poudrière de Delft

Vermeer - Vu de Delft 1660-1661

Si Carel Fabritius a influencé Vermeer, il est plus hasardeux, compte tenu des dates d'entrée à la guilde de Saint Luc des deux peintres, d'envisager que Vermeer ait pu être l'élève de Carel Fabritius.

Ainsi périt ce phénix, vers sa trentième année,

Au milieu et dans la puissance de sa vie ;

mais, fort heureusement, il a enflammé de son feu Vermeer,

qui, en maître, perpétue sa science.

Poème d' Arnold Bon, contemporain de Carel Fabritius

On peut supposer que beaucoup de tableaux de Carel Fabritius ont été détruits par l'explosion et le feu. Il ne subsiste qu'une douzaine d'œuvres qui lui ont été attribuées.

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Peut-être vous posez vous la question de savoir pourquoi, sans qu'il y ait de lien avec une exposition actuelle, mon article évoque aujourd'hui Carel Fabritius. La raison en est simple : je viens de lire le roman passionnant de Donna Tartt,"Le chardonneret", dans lequel le minuscule tableau de Fabritius sert de fil conducteur. Le roman m'a donné envie de connaître mieux le peintre qui n'est d'ailleurs pas le sujet du livre, son tableau étant seulement lié au destin du jeune héros.

Autoportrait - 1654 - 70,5x61,5cm - National Gallery Londres ; La sentinelle - 1654 - 68x58cm Staatliches Museum, Schwerin ; Vue de Delft et Echoppe d'un marchand d'instruments - 1652 - 15,4x31,6cm - National Gallery Londres
Autoportrait - 1654 - 70,5x61,5cm - National Gallery Londres ; La sentinelle - 1654 - 68x58cm Staatliches Museum, Schwerin ; Vue de Delft et Echoppe d'un marchand d'instruments - 1652 - 15,4x31,6cm - National Gallery Londres
Autoportrait - 1654 - 70,5x61,5cm - National Gallery Londres ; La sentinelle - 1654 - 68x58cm Staatliches Museum, Schwerin ; Vue de Delft et Echoppe d'un marchand d'instruments - 1652 - 15,4x31,6cm - National Gallery Londres

Autoportrait - 1654 - 70,5x61,5cm - National Gallery Londres ; La sentinelle - 1654 - 68x58cm Staatliches Museum, Schwerin ; Vue de Delft et Echoppe d'un marchand d'instruments - 1652 - 15,4x31,6cm - National Gallery Londres

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

"LES COULEURS DE L'ABSTRACTION"

Le Musée d'Art Moderne est un de mes musées préférés, il n'y a jamais trop de monde et les vastes espaces blancs mettent merveilleusement en valeur les œuvres exposées. J'y vais régulièrement depuis près de quarante ans, ce musée est un peu, comme le Louvre, ma maison. Il a été inauguré en 1961 dans l'aile est du Palais de Tokyo et accueilli les œuvres les plus "modernes" du petit Palais ainsi que des dons de collectionneurs et artistes. Le musée possède une collection de plus de 8000 œuvres englobant de nombreux mouvements artistiques contemporains. Les expositions temporaires sont de bonnes raison de voir ou revoir aussi les salles permanentes.

L'exposition "Les couleurs de l'abstraction" qui présente une grande rétrospective de l'œuvre de Sonia Delaunay est riche de toute la diversité créative de cette artiste au talent protéiforme, convaincue de l'incontestable apport de la couleur et du rythme dans l'art moderne et dans la vie même. Dans un parcours chronologique très agréable, on circule entre peintures, dessins, tissus, vêtements, accessoires divers, et dans un flamboiement de couleurs. C'est rythmé, joyeux, avec toutefois par moment une petite saturation de cercles colorés qui finissent par lasser, mais très vite Sonia nous emmène dans une autre technique et l'intérêt renaît.

Toutes les photos proviennent d'Internet - n'oubliez pas de cliquer dessus pour les agrandir

Sonia portant les créations de la Casa Sonia, Madrid 1918

Sara Sophie Stern est née en 1885 à Gradzihsk, près d'Odessa en Ukraine, dans une famille ouvrière juive. Elle a cinq ans lorsque son oncle maternel, Henri Terk, avocat à St Petersburg, l'adopte, il n'a pas d'enfant. Sonia a plusieurs gouvernantes, elle est élevée comme les jeunes filles de la bonne société, elle lit Goethe, Shakespeare, Molière. A 14 ans elle s'intéresse à la peinture, notamment à Rembrandt . Un ami peintre de la famille lui procure sa première boite de couleurs. Elle est inscrite à l'académie des beaux-arts de Karlsruhe en 1904. Entre 1902 et 1905 elle peint des petits dessins au fusain, à la mine de plomb et pratique l'eau forte. Les reproductions des œuvres de Sézanne, Seurat , Signac, la persuadent que c'est à Paris que l'art moderne s'éveille au XXe siècle. Elle y arrive en 1905, elle a tout juste 20 ans. Elle s'installe boulevard du Montparnasse. Elle rencontre Diaghilev , fait la connaissance d'Arnold Schoenberg et entretient des échanges avec les peintres, les écrivains, les poètes et musiciens français.

1904 - au premier plan autoportrait - fusain et craie sur papier gris

1904 - au premier plan autoportrait - fusain et craie sur papier gris

Influencée par les expressionnistes allemands dont la couleur inonde le Salon d'automne, impressionnée par Matisse, Gauguin, Picasso, Derain, Vlaminck et Braque, les premières œuvres de Sonia résument ses influences et ses inclinations d'alors. La couleur est pure, éclatante, la forme synthétisée, les contours cernés de noir .

 

1907 - Jeune fille endormie - huile sur toile 46x55cm ; Deux fillettes finlandaises - huile sur toile 60,5x79cm ; Jeune Finlandaise - huile sur toile 80x64 cm : Nu jaune - huile sur toile 64,5x98cm
1907 - Jeune fille endormie - huile sur toile 46x55cm ; Deux fillettes finlandaises - huile sur toile 60,5x79cm ; Jeune Finlandaise - huile sur toile 80x64 cm : Nu jaune - huile sur toile 64,5x98cm
1907 - Jeune fille endormie - huile sur toile 46x55cm ; Deux fillettes finlandaises - huile sur toile 60,5x79cm ; Jeune Finlandaise - huile sur toile 80x64 cm : Nu jaune - huile sur toile 64,5x98cm
1907 - Jeune fille endormie - huile sur toile 46x55cm ; Deux fillettes finlandaises - huile sur toile 60,5x79cm ; Jeune Finlandaise - huile sur toile 80x64 cm : Nu jaune - huile sur toile 64,5x98cm

1907 - Jeune fille endormie - huile sur toile 46x55cm ; Deux fillettes finlandaises - huile sur toile 60,5x79cm ; Jeune Finlandaise - huile sur toile 80x64 cm : Nu jaune - huile sur toile 64,5x98cm

1908 - premier plan Portrait du poète russe Tchouiko - huile sur toile 53,4x46cm

1908 - premier plan Portrait du poète russe Tchouiko - huile sur toile 53,4x46cm

1906 marque son dernier été russe et des vacances en Finlande, elle revient à Paris. Pour y demeurer il faut être marié. Le 5 décembre 1908 elle fait un mariage blanc avec Wilhelem Uhde , mariage qui protège aussi Uhde des rumeurs sur son homosexualité.

1909 - elle rencontre Robert Delaunay, c'est un coup de foudre. Elle divorce d'Uhde, épouse Robert et engage avec lui le combat de sa vie en faveur de l'abstraction et de la couleur. Leur fils Charles nait en 1911 et Sonia lui confectionne, dans un but d'économie, une couverture en patchwork, héritage russe du geste populaire des brodeuses.

Sonia et Robert ;1908 - Broderie de laine sur canevas 83,5x60,5 ; 1911 - Couverture de berceau 111x82cmSonia et Robert ;1908 - Broderie de laine sur canevas 83,5x60,5 ; 1911 - Couverture de berceau 111x82cmSonia et Robert ;1908 - Broderie de laine sur canevas 83,5x60,5 ; 1911 - Couverture de berceau 111x82cm

Sonia et Robert ;1908 - Broderie de laine sur canevas 83,5x60,5 ; 1911 - Couverture de berceau 111x82cm

1913 - Sonia fait la connaissance de Blaise Cendrars et conçoit une audacieuse mise en couleur de son poème "Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France", récit en style simultané d'un interminable voyage en train d'un poète et d'une prostituée. Imprimé au pochoir et relié en accordéon que l'on déplie et lit de haut en bas. Il mesure deux mètres. L'écrit empiète sur la couleur et inversement.

Je vous conseille vivement d'aller sur le site de mon amie Emma, écrivain, où vous trouverez le texte intégral du poème de Cendrars ainsi que son interprétation émouvante par l'acteur, interprète de poésie et metteur en scène français, Vicky Messica.
Sonia Delaunay - MAM Paris - Dec 2014
1913 - Le Bal Bullier - huile sur toile 97x390cm - Le tango est à la mode et le jeudi le couple va danser au bal Bullier, près de Port Royal

1913 - Le Bal Bullier - huile sur toile 97x390cm - Le tango est à la mode et le jeudi le couple va danser au bal Bullier, près de Port Royal

Prismes électriques 1913 huile sur toile 55x46cm ; Prismes électriques 1914 huile sur toile 250x250cm ; Fillette aux pastèques 1915 - peinture à la colle sur toille 45,5X60,5cm ; Grand flamenco 1916 huile et encaustique sur toile 174,5x143cmPrismes électriques 1913 huile sur toile 55x46cm ; Prismes électriques 1914 huile sur toile 250x250cm ; Fillette aux pastèques 1915 - peinture à la colle sur toille 45,5X60,5cm ; Grand flamenco 1916 huile et encaustique sur toile 174,5x143cm
Prismes électriques 1913 huile sur toile 55x46cm ; Prismes électriques 1914 huile sur toile 250x250cm ; Fillette aux pastèques 1915 - peinture à la colle sur toille 45,5X60,5cm ; Grand flamenco 1916 huile et encaustique sur toile 174,5x143cmPrismes électriques 1913 huile sur toile 55x46cm ; Prismes électriques 1914 huile sur toile 250x250cm ; Fillette aux pastèques 1915 - peinture à la colle sur toille 45,5X60,5cm ; Grand flamenco 1916 huile et encaustique sur toile 174,5x143cm

Prismes électriques 1913 huile sur toile 55x46cm ; Prismes électriques 1914 huile sur toile 250x250cm ; Fillette aux pastèques 1915 - peinture à la colle sur toille 45,5X60,5cm ; Grand flamenco 1916 huile et encaustique sur toile 174,5x143cm

Sonia s'attache ensuite à des recherches graphiques pour la publicité (Zenith, Pirelli, Printemps, Dubonnet et Vogue).

Le couple Delaunay séjourne en Espagne et à la déclaration de la Première guerre mondiale, décide d'y rester. La révolution bolchévique de 1917 met fin aux subsides de l'oncle de Sonia. Sonia ouvre à Madrid une boutique de mode, la Casa Sonia. Le succès est tel qu'elle ouvre trois succursales.

Publicité Dubonnet ; publicité pour le Printemps ; publicité pour Vogue
Publicité Dubonnet ; publicité pour le Printemps ; publicité pour Vogue
Publicité Dubonnet ; publicité pour le Printemps ; publicité pour Vogue

Publicité Dubonnet ; publicité pour le Printemps ; publicité pour Vogue

1921 - La famille revient à Paris. Sonia ouvre un atelier chez elle, boulevard Malesherbes, et reprend ses activités dans la mode et la décoration. Robert, lui, connait une période de doute. 1925 - La boutique simultanée est un triomphe, Sonia s'associe avec le créateur de mode Jacques Heim. Elle crée des imprimés, des vêtements, des costumes de ballets.

A la veille de la guerre, Sonia et Robert organise à la galerie Charpentier l'exposition "Réalités nouvelles", premier salon d'art abstrait.

Salle du MAM -Reconstitution de la vitrine du Stand simultané pour l'exposition internationale des Arts décoratifs.Salle du MAM -Reconstitution de la vitrine du Stand simultané pour l'exposition internationale des Arts décoratifs.
Salle du MAM -Reconstitution de la vitrine du Stand simultané pour l'exposition internationale des Arts décoratifs.Salle du MAM -Reconstitution de la vitrine du Stand simultané pour l'exposition internationale des Arts décoratifs.

Salle du MAM -Reconstitution de la vitrine du Stand simultané pour l'exposition internationale des Arts décoratifs.

1925 - Groupe de femmes vêtements simultanés  - huile sur toile 146x114cm  ;voiture simultanée1925 - Groupe de femmes vêtements simultanés  - huile sur toile 146x114cm  ;voiture simultanée

1925 - Groupe de femmes vêtements simultanés - huile sur toile 146x114cm ;voiture simultanée

1937 - les deux artistes conçoivent une décoration monumentale pour l'Exposition internationale des arts et techniques destinée au pavillon de l'Air et au pavillon des Chemins de fer. Comme à la Renaissance, un atelier se forme pour la réalisation des décors.

Sonia Delaunay - MAM Paris - Dec 2014
Sonia Delaunay - MAM Paris - Dec 2014Sonia Delaunay - MAM Paris - Dec 2014
1937 - voyage lointains - gouache aquarelle et crayon sur carton - 34x95cm ;  1938 - Rythme et couleur - Huile sur toile 159x154cm1937 - voyage lointains - gouache aquarelle et crayon sur carton - 34x95cm ;  1938 - Rythme et couleur - Huile sur toile 159x154cm

1937 - voyage lointains - gouache aquarelle et crayon sur carton - 34x95cm ; 1938 - Rythme et couleur - Huile sur toile 159x154cm

1938 - Robert et Sonia participent au Salon d'Automne et au salon des Tuileries.

La guerre éclate en 1941. Robert , atteint d'un cancer, décède. Sonia se donne alors pour mission de défendre l'œuvre de son époux et laisse dans l'ombre son propre travail. Ce n'est qu'après 1946 et la rétrospective de l'œuvre de Robert à la galerie Louis Carré qu'elle pensera à elle.

1953 - La galerie Bing à Paris organise sa première exposition personnelle. Elle entre dans le dictionnaire de la peinture moderne en 1954. Elle expose à New York en 1958.

1967 - Le musée d'Art moderne lui consacre une grande exposition. Elle illustre "le Fruit permis" et "Juste Présent" de Tristan Tzara, puis "Les illuminations" de Rimbaud. Elle renoue avec la tapisserie, réalise des maquettes de vitrail, des mosaïques ainsi que la décoration d'une voiture Matra en 1968.

1952 - composition pouir Jazz - gouache sur papier 77x57cm ; 1955 - composition - huile sur toile 160x215cm1952 - composition pouir Jazz - gouache sur papier 77x57cm ; 1955 - composition - huile sur toile 160x215cm

1952 - composition pouir Jazz - gouache sur papier 77x57cm ; 1955 - composition - huile sur toile 160x215cm

1958 - Rythme coloré - huile sur toile 114,3 x 86,9cm ; 1964 - rythme coloré - huile sur toile 97,5X 195,5cm ; 1965 - rythme couleur - gouache sur papier 58x78cm1958 - Rythme coloré - huile sur toile 114,3 x 86,9cm ; 1964 - rythme coloré - huile sur toile 97,5X 195,5cm ; 1965 - rythme couleur - gouache sur papier 58x78cm1958 - Rythme coloré - huile sur toile 114,3 x 86,9cm ; 1964 - rythme coloré - huile sur toile 97,5X 195,5cm ; 1965 - rythme couleur - gouache sur papier 58x78cm

1958 - Rythme coloré - huile sur toile 114,3 x 86,9cm ; 1964 - rythme coloré - huile sur toile 97,5X 195,5cm ; 1965 - rythme couleur - gouache sur papier 58x78cm

1967 - Rythme syncopé - huile sur toile 125x250cm

1967 - Rythme syncopé - huile sur toile 125x250cm

Agée de 92 ans, Sonia collabore avec Artcurial à la création d'objet du quotidien en édition limitée.

Pour Sonia la couleur a remplacé tout même le sujet. N'oublions pas ses origines russes où la couleur est primordiale, l'intérieur des maisons est très coloré et tous les arts, peinture, décors , musique sont sur un même plan.

Sonia décède le 5 décembre 1979 à Paris. Elle reste incontestablement la Grande Dame de l'art abstrait.

"Les couleurs de l'Abstraction"

MAM Paris - jusqu'au 22 février 2015.

Même exposition à la Tate Moderne de Londres du 15 avril au 9 août 2015

Pour terminer cet article j'ai trouvé un émouvant entretien de Jacques Dutronc avec Sonia Delaunay (1968)

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province
Le vieux port

Le vieux port

Marseille. 24 décembre 2014. En longeant, à pied, le Vieux Port, il faut passer le Fort Saint Jean et l'on aperçoit très vite l'architecture particulière du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.

Posé au bord de la mer, juste à l'entrée du Port, c'est un carré parfait de 72 mètres de côté qui en contient un autre de 52 mètres destinés aux salles d'expositions et de conférence. Les vides entre les deux sont les espaces de circulation avec vue sur le Fort, le port et la mer.

La structure alvéolée qui recouvre l'extérieur fait penser au moucharabieh utilisé dans l'architecture traditionnelle des pays arabes, présent aussi dans les palais pour dérober les femmes aux regards. Au MuCEM, les visiteurs peuvent voir à l'extérieur mais ne sont pas visibles de l'extérieur.

Conçu par l'architecte Rudy Ricciotti, le Musée a été ouvert le 7 juin 2013 lors de l'année de la capitale européenne de la culture mais il a fallut onze ans pour réaliser le projet. Les collections proviennent du musée d'ethnographie du Palais du Trocadéro à Paris (1878-1936) et des deux musées qui lui ont succédé, le musée de l'Homme et le musée national des Arts et Traditions populaires. Au début des années 2000 une politique d'acquisition tournée vers l'Afrique du Nord et le Proche-Orient se développe, sont acquis un nombre important d'objets remarquables provenant d'Iran, de Syrie, de Turquie et du Maghreb. L'intégralité des collections de Paris à été déménagée à Marseille.

Depuis la terrasse on peut rejoindre le Fort Saint Jean par une passerelle de 115 mètres. Le Fort abrite des pièces de collections du MuCEM et accueille des manifestations temporaires. La construction du Fort date du XVIIe siècle. Il a eu durant trois siècles une vocation militaire, puis a servi de dépôt de munitions aux allemands pendant la guerre. Il a été gravement endommagé par une explosion accidentelle en 1944.

Merveilleusement restauré, avec un chemin de ronde, agrémenté de plantations de la Méditerranée (chênes blancs et verts, orangers, myrtes, safran et aromates etc), d'où l'on a un panorama sur le ville, le port et le MuCEM, c'est un lieu très agréable à visiter, la passerelle servant de lien entre l'architecture d'aujourd'hui et celle d'hier.

Le ciel couvert ne permettait pas de générer des reflets de la structure alvéolée sur les sols de la terrasse et des espaces de circulation, mes photos ne sont donc pas exceptionnelles.

On ne peut évidemment pas faire de comparaison entre le Musée Vuitton de Paris et le MuCEM de Marseille, ce sont des architectures tout à fait différentes, mais j'ai aimé davantage la circulation et les échelonnements de terrasses du Musée Vuitton à l'enfermement que j'ai ressenti dans le MuCEM.

L'arrivée au MuCEM - cliquez sur les photos pour les agrandirL'arrivée au MuCEM - cliquez sur les photos pour les agrandir
L'arrivée au MuCEM - cliquez sur les photos pour les agrandirL'arrivée au MuCEM - cliquez sur les photos pour les agrandir

L'arrivée au MuCEM - cliquez sur les photos pour les agrandir

Les couloirs extérieursLes couloirs extérieurs
Les couloirs extérieursLes couloirs extérieurs

Les couloirs extérieurs

La terrasseLa terrasse

La terrasse

De la passerelleDe la passerelle
De la passerelleDe la passerelle

De la passerelle

Du fort Saint JeanDu fort Saint Jean
Du fort Saint JeanDu fort Saint Jean

Du fort Saint Jean

Le Fort Saint JeanLe Fort Saint Jean
Le Fort Saint JeanLe Fort Saint Jean

Le Fort Saint Jean

MuCEM - Marseille - Déc. 2014MuCEM - Marseille - Déc. 2014
MuCEM - Marseille - Déc. 2014MuCEM - Marseille - Déc. 2014

Il faisait nettement plus beau pour visiter les calanques, avec la lumière changeante de la fin de journée. Pour clore cet article, je vous offre une courte ballade.

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