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Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

expositions a paris

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

L'innocence archaïque

Un homme quitte son domicile du 2 bis rue Perrel, près de Montparnasse. Sur sa porte on peut lire l'affichette « Dessin, peinture, musique, cours à domicile, prix modérés ». Il a la soixantaine passée, marche légèrement courbé. Il porte un chapeau mou, mais a délaissé sa canne car il est encombré d'un grand tableau. Il se rend chez le célèbre marchand Ambroise Vollard dont la galerie se situe au 6 de la rue Laffitte.

Vollard se montre très enthousiaste devant l'œuvre.

« Parfait, dit l’homme, ainsi vous pourriez me donner une attestation comme quoi je fais des progrès ».

Il explique la raison de cette demande : il s’est entiché d’une femme, mais les parents sont réticents pour donner leur fille à un «artiste sans le sou ».

« La fiancée n’est pas majeure, demande Vollard, il lui faut le consentement de ses parents ? »

« Non, répond l’homme, elle a cinquante quatre ans ».

H.Rousseau - 1890 - Moi-même, Portrait-paysage - huile sur toile 146x113cm - Prague -

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Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Il parvient à s'insérer dans le circuit artistique grâce au Salon des Indépendants où il expose régulièrement à partir de 1886, invité par un de ses premiers défenseurs : Paul Signac.

Au salon de 1905, Rousseau expose "Le Lion ayant faim"(Vollard lui achètera 200 francs, soit à peu près 800 euros actuels - source : http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php).

Nota - Un petit paysage a été vendu aux enchères en 2014 par Arcadja 60.000 €

Son tableau provoque l'amusement du public et aussi l'indifférence des critiques, peu inquiet de l'influence de Rousseau sur les jeunes générations. Ils se trompaient : Rousseau a contribué à ouvrir de nouvelles voies plastiques et expressives et à imposer la singularité de sa vision. Picasso et Léger retiendront la leçon.

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H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920
H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

Le Douanier Rousseau a lui-même été inspiré par "L'Homme au bonnet rouge" de Carpaccio - 1480-1490 - 35x23cm, Venise

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso
Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Dans l'almanach du groupe "Der Blaue Reiter", Kandinsky présentera Rousseau comme "le père du nouveau réalisme". Il lui achètera le tableau "La Basse-cour".

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

Les peintres de l'avant-garde parsèmeront leurs tableaux de références aux œuvres du Douanier qu'ils considèrent comme un maître.

Les surréalistes retiennent de l'œuvre de Rousseau la magie des images "d'intérêt dérisoire au point de vue réaliste, ses œuvres sont bel et bien du ressort surréaliste avant la lettre" A. Breton

Durant les années 1906-1908, Rousseau rencontre Delaunay, qui est l'un de ses premiers soutiens et collectionneurs, et Picasso. Il fréquente la bande du "Bateau Lavoir", les reçoit chez lui où l'on mange et boit ce qu'il y a. Rousseau jeûne parfois durant une semaine pour recevoir un joyeux mélange de gens de lettres, peintres, élèves, commerçants et demoiselles de son quartier, dans une atmosphère fantasque et musicale.

Quelques mois avant de quitter le "Bateau Lavoir" Picasso organise le célèbre "banquet" en l'honneur de Rousseau et pour célébrer la toile qu'il a acheté cinq francs chez le père Soulié : le Portrait de Madame M.

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Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï
Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

L'œuvre de Rousseau comprend de nombreux paysages, des scènes de la vie quotidienne, des portraits, des natures mortes. Les compositions, qu'il appelait lui-même des "créations", traitaient de sujets romanesques, patriotiques ou "modernes", allégoriques ou exotiques.

Les jungles sont la part la plus surprenante et la plus ambitieuse de son œuvre. Il transpose sur un mode fantastique la végétation qu'il a observée dans les serres du Jardin des plantes, c'est l'expression personnelle d'un regard porté sur la nature. Rousseau est isolé, il n'adhère (sans doute n'est-il pas convié non plus) à aucun des mouvements en "isme" de son époque. Il est aussi plus libre.

C'est cette liberté que l'on retrouve dans ses jungles. On pénètre dans les camaïeux de verts, on écarte les feuilles géantes, on respire les fleurs colorées, on entend les cris des singes, on surprend un œil d'éléphant. Tout est douceur, la lumière, les ciels purs, les nuages roses, les lunes blanches. On est émerveillé et apaisé. C'est le paradis retrouvé, car rien n'est vraiment dramatique : le jaguar semble enlacer le joli cheval blanc plutôt que l'attaquer, le tigre "surpris" apparaît effrayé plus qu'effrayant, l'antilope saigne un peu mais le lion n'est pas terrifiant, il montre ses dents comme le rire des humains de Yun Minju.

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 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

A la fin de sa vie, Rousseau est dans le plus grand dénuement. Il meurt à l'hôpital Necker le 2 septembre 1910, victime d'une gangrène. Ses amis conviés au service religieux recevront les cartons alors que les obsèques sont déjà célébrées. Seuls Signac et Delaunay assistent aux funérailles. Enterré dans une fosse commune, sa dépouille sera transférée au cimetière de Bagneux grâce à la souscription de ses amis intimes, puis en 1947 à Laval son lieu de naissance.

L'épitaphe qui se trouve sur sa tombe est de Guillaume Apollinaire :

Gentil Rousseau tu nous entends

Nous te saluons Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi

Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel

Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs des toiles

Quelques autres œuvres exposées

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La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

Et ma toile préférée d'Henri Rousseau qui n'est pas exposée mais que j'ai eu le bonheur d'admirer il y a quelques années.

La bohémienne endormie - 1897 - Huile sur toile 129x200 cm - MOMA New-York

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A noter que Rousseau a écrit un drame: "La vengeance d'une orpheline russe" . J'ai pu me procurer une édition de 1947. Ce n'est pas une grande œuvre littéraire mais c'est émouvant de la lire. Une pièce de théâtre est difficile à construire, elle demande une mise en scène des personnages et à chacun sa façon de s'exprimer . Le "naïf douanier" réussit le challenge. On ne s'ennuie pas et l'on s'amuse même avec les serviteurs qui russes ou français s'expriment dans un même patois fleuri. Etonnant Rousseau, pas aussi naïf qu'on veut bien nous le faire croire !

Ci-contre manuscrit original

Le sujet de la pièce : Sophie est une jeune fille Russe orpheline, élevée par sa tante Mme Yadwigha à Saint Petersburg. Mme Yadwigha souhaiterait que Sophie épouse un officier de marine, Gaston, mais Sophie se laisse séduire par Henri, un allemand employé de banque. Il l'entraîne à Paris, puis l'abandonne sans un sou et sans logis. Elle jure de se venger. Elle est recueilli par le Général Bosquet, 76 ans, qui l'adopte. A la mort de celui-ci, riche héritière, elle retourne à Saint Petersburg. Sa tante est décédée. Elle retrouve Henri qui s'est marié. Gaston toujours épris de Sophie provoque Henri en duel et le tue.

EXPOSITION JUSQU'AU 17 JUILLET 2016

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
UN PEINTRE VISIONNAIRE

Le titre de Conservateur du Muséum National qu'avait obtenu Hubert Robert en 1795 imposait, bien évidemment, que la grande rétrospective consacrée à son œuvre fût présentée là où il avait exercé sa fonction, là où il avait également demeuré : au Louvre !

Je n'étais pas une grande "fan" des ruines d'Hubert Robert, mais avec cette présentation , ce mélange de dessins, de gravures et de peintures, j'ai été conquise.

Hubert Robert, mémorialiste de son temps, décrit Paris, l'Histoire, la Révolution française et l'on regarde avec nostalgie, le pont Notre Dame , la Bastille en destruction, le port de Rome…

Mais ce que j'ai particulièrement aimé, ce sont ses merveilleux dessins à la sanguine, où, dans des décors gigantesques, se déplacent de petits personnages. C'est mon grand coup de cœur.

Tous ces dessins mesurent environ 30x40cm - photos web
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 - Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 - La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Hubert Robert donne, dans son œuvre, une place considérable aux arbres. Il en fait même le sujet central du dessin "L'Arbre renversé".

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780
Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62

L'Arbre renvrsé, 1762/63 - Etude de plantes, 1761/62

Hubert Robert nait en 1733. Ses parents appartiennent à la maison du comte de Stainville. Hubert Robert est destiné à entrer dans les ordres. Il étudie au collège de Navarre (le comte n' est pas étranger à cette admission dans un collège aristocratique).

Devant ses dons évidents pour le dessin d'architecture, il devient élève du sculpteur Michel-Ange Slodtz en 1751. De 1754 à 1765 Hubert Robert séjourne à Rome auprès du comte de Stainville, nommé ambassadeur de France.

Bien qu'il ne soit pas lauréat du Prix de Rome, mais avec l'appui du comte il est logé à l'Académie de France, installée au palais Mancini. Il reçoit l'enseignement de Pannini, professeur de perspective à l'Académie et peintre de ruines, et celui de Piranèse dont l'atelier est situé non loin de l'Académie. En 1759 Hubert Robert obtient une place officielle de pensionnaire.

En 1765 c'est le retour à Paris où il connaît un succès immédiat avec ses œuvres associant un évènement contemporain à une vue de ruines. Cela lui vaut le surnom de "Robert des ruines". Ses clients, mécènes et amis comptent parmi les plus hauts personnages du royaume : Le comte d'Artois (frère de Louis XVI), le marquis de Marigny (frère de Mme de Pompadour), le comte de Stainville, fait duc de Choiseul et devenu ministre, la famille de La Rochefoucauld….

Il fréquente les "lundis" , réservés aux artistes, de Madame Geoffrin, riche bourgeoise de la rue Saint-honoré . Viennent y dîner Boucher, Carle van Loo, Joseph-Marie Vien. Les "mercredis de Madame" sont jours des gens de lettres et accueillent Marivaux, Fontenelle, Voltaire, d'Alembert et Diderot.

En 1766 Hubert Robert est reçu à l'Académie Royale pour son tableau "Port de Ripetta". L'année suivante il participe au premier Salon, il y présente plus de quinze tableaux dont le Port de Ripetta. Il exposera au Salon régulièrement jusqu'en 1798 une dizaine d'œuvres

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

En 1773 il décore pour le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, la salle des Etats de l'archevêché. C'est le seul décor d'Hubert Robert, conservé de nos jours en France.

Retrospective Hubert Robert au Louvre - avril 2016

En 1777 Louis XVI lui commande deux tableaux. Il assure aussi, à partir de cette année là, des travaux de décoration et de conception de jardins.

1789 - Il peint "La Bastille dans les premiers jours de sa démolition".

Le Muséum central des arts ouvre le 14 août 1793 dans les locaux vétustes de la Grande Galerie

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

Le 23 Octobre 1793, Hubert Robert est arrêté pour ses relations avec les ennemis de la liberté. Il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare. Il aurait réalisé durant son incarcération cinquante-trois tableaux et de multiples dessins. Il est libéré le 4 août 1794 à la chute de Robespierre. Il a échappé de peu à la guillotine (un homonyme aurait été guillotiné à se place).

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le 16 avril 1795, Hubert Robert est nommé conservateur du Muséum National, notre Louvre actuel.

En 1802 il est mis à la retraite de sa fonction au Muséum national qui prend le nom de musée Napoléon.

En 1806 il est expulsé du Louvre où il était logé.

Il meurt brutalement le 15 avril 1808.

Sous l'Empire (1805-1810) un nouvel éclairage de la Grande galerie du Louvre est réalisé par Percier et Fontaine qui se souviennent des projets qu'Hubert Robert a exposé au salon de 1796.

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75
 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Cette exposition est très riche, ce n'est ici qu'un bref aperçu. Ne la manquez pas !

JUSQU'AU 30 MAI 2016 - HALL NAPOLEON Musée du LOUVRE

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
 photos MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Un grand coup de cœur à la Fondation Vuitton pour les artistes chinois exposés dans le splendide bâtiment de Frank Gehry (pour le revoir http://www.voir-ou-revoir.com/2014/11/fondation-louis-vuitton-paris-nov-2014.html)

Cette exposition comporte deux parties :

- dans les galeries supérieures des œuvres chinoises de la Collection de la Fondation

- au rez-de-Bassin "BENTU", titre signifiant "terre natale" en chinois, présente douze jeunes artistes sélectionnés (la plupart ont une trentaine d'années).

"Cette sélection ne prétend pas au panorama mais elle met en lumière le caractère protéiforme d'un art chinois qui convoque tous les médias de manière totalement décomplexée et mixte tradition et culture locales, avec les enjeux de la mondialisation et ceux propres à la Chine, que ce soit la nouvelle donne économique, l'écologie, la question de l'identité et surtout, la transformation des rapports entre la ville et la campagne"

Suzanne Pagé - Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton

Je vous propose tout simplement une visite en image avec quelques commentaires.

GALERIES SUPERIEURES

Ai Weiwei

"TREE" 2010 -

Tronçons de bois 530x560x660cm - Cet arbre appartient à une série. Il est constitué de fragments morts, les jointures sont visibles.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Huang Yong Ping

"CINQUANTE BRAS DE BOUDDHA" - 1997/2013 -

Métal, terre cuite, résine, objets divers - 477x404x415cm

A partir d'une structure métallique inspirée par le "Porte-bouteilles" de Marcel Duchamp, Huang Yong Ping, fondateur du mouvement Xiamen Dada en 1996, réinvente le"Bouddha aux Mille Bras",

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen - Production Madein Company

Image 1) "NEW" 2014 - Acier inoxydable, peinture, 402x130x110cm -

En 2009 Xu Zhen crée MadeIn Company, entreprise destinée à la production et à la recherche artistique. Xu Zhen assimile ses réalisations à des "produits", son nom devenant une marque.

Images 2 et 3) Eternity - Mélange d'anciennes sculptures chinoises et grecques

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Xiaogang

My ideal - 2003-2008 - huile sur toile - 279x500cm et Bronze -

Représentation de cinq enfants nus jusqu'à la ceinture, habillés dans des costumes d'adultes incarnant les différentes classes de la société symbolisées par le drapeau chinois : au centre le soldat en rouge ou le parti communiste chinois, les travailleurs, les paysans, la petite bourgeoisie (commerçants, marchands) et les lettrés. Tout en étant habillés différemment ils sont identiques et perdus dans le groupe.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Yan Pei-Ming

All crows under the sun are black - 2012 - huile sur toile 280x400cm

Un vol de corbeaux au-dessus de l'Acropole émerge d'un chaos de touches sombres brossées à larges coups de pinceaux expressifs.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Huan

Star de l'art contemporain chinois. Au début des années 1990 c'est un artiste d'avant-garde qui met souvent son corps au supplice. Il s'installe à New-York en 2000 et reste huit ans. "au bout de huit ans là-bas, j'ai compris que j'étais chinois".

Son studio est immense comme son pays. Bambous, citronniers volière, cascade, mènent à son gigantesque atelier ou s'agitent parfois jusqu'à trois cents assistants.

Ses deux immenses toiles 286x1080cm réalisées à partir de cendres issues des encens brûlés dans les temples sont les plus impressionnantes de l'exposition. A couper le souffle !

"La cendre n'est pas la cendre, ni une matière. C'est une sorte d'âme, de mémoire, de bénédiction collective" Zhang Huan

Diaporama

- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
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- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

et deux autres œuvres de Zhang Huan :

images 1 et 2) Long Island Buddha - 2010-2011 - cuivre 172x277x177cm

"C'est un autoportrait. C'est mon visage. Je cherche à transcrire la transmigration des âmes et l'illumination de l'esprit".

images 3 et 4) Zhang Huan Sudden awakening - 2006 - cendre et acier - 70x 78x100cm

Imprégné de philosophie bouddhique, l'artiste explore les thèmes relatifs aux relations corps-esprit, aux cycles de la vie et de la mort.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Rez-de-bassin - Exposition BENTU

Hao Liang

Une merveille !

The virtuous being, 2015

Encre et couleurs sur rouleau de soie, dimension totale du rouleau 40x1312cm

Diaporama - quelques détails

Liu Shiyuan

From Happiness to whatever, 2015 Installation - Tapis, amplis, ipod player.

Liu Wei

Installation - contrastes entre les formes géométriques pures et les matériaux bon marché d'origine locale, allégorie de la Chine actuelle

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Xiaodong

représentant du "Nouveau réalisme chinois"

Juncheng airport - 2010 Huile sur toile 300x400 cm

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Qiu Zhijie

From Huaxia to china - 2015 - Encre sur papier

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Qu

s'inspire de la vie quotidienne de son pays

Currency wars - 2015 - installation - toiles bifaces montées sur roulettes qui représentent des détails de billets de banque. Une face neuve, une face usée .

Diaporama

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen

Eternity the soldier of marathon annoncing victory, a wounded galatian - 2014

Beton armé de fibre de verre, poudre de marbre, marbre

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Je souhaite vous avoir donné le vif désir de courir à la Fondation Vuitton

Vous avez jusqu'au :

5 septembre 2016 pour COLLECTION DE LA FONDATION

2 mai 2016 pour BENTU

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Bibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Cette exposition "L'alchimie du livre" de l'artiste allemand Anselm Kiefer se terminait le 7 février. J'ai fait cette visite le dernier jour, je ne peux donc pas vous inciter à vous y rendre. Par contre se tient en ce moment au Centre Pompidou et jusqu'au 18 avril 2016 une exposition consacrée à une rétrospective de son œuvre de la fin des années 1960 à nos jours. Je ne vais pas manquer de m'y rendre très vite, l'exposition de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand m'ayant particulièrement passionnée.

Anselm Kiefer est né dans le Bade-Wurtemberg en mars 1945 (deux mois avant la reddition des armées allemandes) dans un milieu familial petit-bourgeois. Il commence des études de droit et suit parallèlement les cours des Beaux-Arts de Fribourg, puis de Karlsruhe.

En 1969, il se fait connaître en se photographiant, dans des villes autrefois occupées par l'armée allemande, le bras levé selon le salut nazi : son but est de réveiller les consciences mais aussi de s'interroger sur sa situation de peintre dans l'Allemagne après l'Holocauste.

Les œuvres de Kiefer sont décriées mais lui permettent de se faire connaître.

En 1970, son art prend progressivement la forme d'une quête spirituelle portée par les mythes, la religion, les cosmogonies, la kabbale, mais aussi des femmes au destin tragique.

A partir des années 1980, il participe aux grandes expositions d'art contemporain et représente l'Allemagne à la Biennale de Venise.

En 1993, il quitte l'Allemagne pour la France. Il s'installe à Barjac, dans le Gard, dans une ancienne filature désaffectée puis achète l'ancien entrepôt de 40.000 mètres carrés de la Samaritaine dans l'est parisien, selon l'artiste "à peine suffisant pour tout caser".

En 2007, il inaugure "Monumenta" au Grand Palais de Paris. Il offre son domaine de Barjac à l'Etat pour en faire une fondation franco-allemande. Il reçoit la commande d'une œuvre pour l'aile Sully du Louvre.

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre
1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

L'exposition de la BNF est consacrée aux livres de Kiefer créés entre 1968 et 2015. De grandes dimensions, exemplaires uniques, réalisés dans des matériaux divers, ces livres sont le fondement de son oeuvre. Je vous propose de regarder quelques pages comme ont pu le faire les visiteurs.

"Shevirat h-kelim" - "le bris des vases" 2015 - installation métal, livres de plomb et bris de verre.

Le poids de ces livres interdit toute manipulation et renvoie à la mystique judaïque du Livre et à sa fonction mémorielle. Le titre fait allusion au mythe de la Création divine selon l'école kabbalistique de Safed au XVIe siècle. Les thèmes juifs se trouvent peu à peu dans l'œuvre de Kiefer surtout après son voyage en Israël en 1984.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"La lettre perdue"

Ancienne presse typographique envahie par des tournesols. Cette sculpture rappelle l'invention de Gutenberg . Le livre est source du savoir et symbole culturel. Le tournesol représente l'élan spirituel porté par le livre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"Der Rhein" 1982-2013

Ce livre composé de plusieurs impressions xylographiques présente une vue des berges du Rhin, symbole de l'identité allemande, mais paysage pollué par des édifices d'un style architectural nazi et des bunkers.

La figuration du polyèdre de la "Mélancolie" de Dürer renforce la germanité de l'œuvre.

"Nigredo" ou l'œuvre noire - Titre faisant référence à la première étape des opérations alchimiques. Cette sculpture montre la proximité du processus artistique de Kiefer avec l'alchimie par l'introduction de toutes sortes de matériaux dans son œuvre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Grand livre en plomb (je n'ai pas noté le titre exact et remercie par avance le lecteur qui pourra me fournir les informations)

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Mon coup de cœur final :

"Le livre" Grande marine, huile, émulsion, acrylique, shellac (gomme-laque), livre en plomb sur toile

Sacralisation du livre : l'idée du livre comme symbole de savoir immuable et d'élévation spirituelle et en même temps lourdeur du plomb qui rappelle tragiquement l'impossible envol de la culture et de l'art vers l'idéal.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Photos MP.

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Le Cabinet des Dessins du Louvre conserve le fonds le plus riche des œuvres de Parmigianino (Francesco Mazzola dit "Le Parmesan") : cent quatre-vingt-un dessins originaux, vingt qui lui sont attribués et quelques cent cinquante copies, écoles ou imitations de l’artiste.

Les provenances sont diverses : l’acquisition par Louis XIV de la collection "Jabach" en 1671, la vente des dessins de René Jean Mariette en 1775, les saisies d’émigrés pendant la Révolution, puis les donations du XIXe et du début XXe siècle.

Parmigianino a beaucoup dessiné. Un millier (environ) de dessins sont conservés dans différentes collections publiques ou privées.

C'est au stylet que Parmigianino esquisse d'abord ses œuvres, le plus souvent sur de petites feuilles . Les dessins de jeunesse sont essentiellement à la sanguine, ils montrent son appartenance au milieu artistique parmesan mais aussi l’influence de l’art de Corrège et à travers lui de Michel Ange et Raphael. Parmagianino utilise par la suite la pierre noire et la craie, (qui comme la sanguine sont des techniques sèches, souples et effaçables) avant de s’orienter vers la plume et l’encre. Parmigianino est l'un des artistes les plus doués du maniérisme italien(*). Son influence fut énorme et ses admirables dessins y contribuèrent .

On découvre dans l’exposition que lui consacre le Louvre une soixantaine d’œuvres choisies dans l’exceptionnel fonds du musée. Les visages sont beaux, il y a de la légèreté et de l'élégance dans le trait, de la grâce dans les mouvements de ses silhouettes élancées.

Très belle et émouvante exposition. Jusqu’au 15 février 2016.

(*)L’élément le plus remarquable de la stylistique du maniérisme est la déformation et la torsion des corps ; on l’appelle serpentina en raison de sa forme de S.
Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Parmagianino est né à Parme en 1503. Dès l’âge d’écrire il est remarqué par son maître pour ses dispositions à dessiner à la plume. Huitième d’une famille de neuf enfants, privé à l'âge de deux ans de son père peintre , il bénéficiera de l’affection de ses deux oncles paternels, Pier Ilario et Michele Mazzola, peintres eux-mêmes. Il travaillera dans l’atelier familial.

Admirateur de Raphael, cherchant à lui ressembler même physiquement, Parmagianino tout comme son modèle accomplit entre seize et vingt et un ans une véritable carrière riche en chefs d’œuvre.

Ci-dessous -

1 et 2 - Etude pour le Portrait de Galeazzo Sanvitale - 14,2x12,1cm sanguine et portrait à l'huile - Musée de Naples

3 et 4 - Autoportrait de face - 7,3x5,3cm - sanguine et Autoportrait au miroir ,Vienne

5 et 6 - Portrait d'homme - pierre noire, rehaut blanc, lavis beige 34,2x24,2cm et Portrait d'un collectionneur Londres - détail - datation de la peinture vers 1523/1524

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Parmagianino ne vivra pas en prince et ne bénéficiera pas de la protection des plus grands. A côté de son métier de peintre il exercera deux activités, la musique (il joue de façon excellente du luth) et l’alchimie. En 1531, la confrérie (à savoir le conseil de la fabrique) de Santa Maria della Steccata de Parme lui confie le décor de l’abside et de la voute orientale. Les travaux doivent être exécutés en dix huit mois. Le chantier avance lentement en raison de ses recherches obsessionnelles en alchimie .

Sa personnalité se transforme, son visage angélique est dissimulé sous une barbe longue, cheveux hirsutes, tel l’autoportrait en Hermès où il apparaît vieilli, rappelant le Christ, ou Saturne dieu du temps. Il se voit comme un être « investi d’une dignité antique ou divine ».

Il dessine en 1535 son portrait de profil à la manière des médailles.

Après une troisième reconduction des travaux, face à l'énième défaillance du peintre, La Steccata lui retire le chantier, il est poursuivi en justice et jeté quelques temps en prison.

Libéré il s'enfuit à Casalmaggiore.

Il meurt d'une fièvre violente au même âge que Raphaël (trente sept ans), peut-être empoisonné par les vapeurs du mercure de ses expériences d'alchimie.

DESSINS QUI SUIVENT :

1 - Viel homme barbu, assis, consultant un in-folio - 26,3x19,1 - plume et encre brune, lavis brun

2 - Etudes de deux putti, volant de dos, vus en raccourci 18,6x12,1cm sanguine

3 - Cavalier vu de dos sur un cheval cabré - 12,4x9,2cm sanguine

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Jeune fille debout tournée vers la gauche 27,6x17,2cm sanguine

2 - Sainte Cécile marchant, tenant son instrument et précédée par un ange - 20,4x15,3cm plume et encre brune, lavis brun

3 - La Vierge tenant l'Enfant Jésus adoré par un ange 20x10cm - sanguine, rehaut blanc, mise au carreau

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Saint Roch un genou en terre implorant le ciel - plume et encre brune, lavis brun, 20x14,8cm

recto/verso

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Ganymède et Hébé (?) - 14,8x9,8cm - plume et encre brune, lavis brun

2 - Homme nu debout de face brandissant une épée. 20x9,5xm - plume et encre brune, quelques traits de pierre noire.

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

La Vierge au long cou - 1534-1540, huile sur toile 21,6 X 13,2 cm - Florence - Les Offices

Ce tableau fut commandé en 1534 pour la chapelle Santa Maria del Servi à Parme. Il a été exécuté entre 1535 et 1540 c'est-à-dire à la fin de la vie de Parmigianino. Il mesure 216 x 132 cm, reste inachevé et est aujourd'hui conservé dans la galerie des Offices à Florence.

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

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Publié dans : #Expositions à Paris
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington

Quel tableau de Fragonard, mieux que cet adorable "Amour folie", pourrait accompagner les vœux de bonheur et de santé que je forme pour mes fidèles lecteurs.

"L'Amour folie" est le dernier tableau présenté à l'exposition consacrée à Fragonard au Musée du Luxembourg. Le chérubin, emporté par la folie amoureuse (symbolisée par une marionnette rose à visage de fou) quitte la terre et les bosquets de roses pour s'élancer vers un ciel bleu où volent des oiseaux. C'est joyeux, léger, pur, et présage le préromantisme. "L'Amour folie" semble bien éloigné du titre un peu accrocheur "Fragonard amoureux galant et libertin", même si le terme "libertin" n'a pas à cette époque une connotation sensuelle, voir immorale, mais qualifie un libre penseur qui transgresse des siècles d'interdit et de tabou imposés par l'Eglise.

Fragonard nait à Grasse en 1732, ville à laquelle il restera attaché. La famille s'installe à Paris vers 1738 (sous le règne de Louis XV). Comme Matisse beaucoup plus tard, Fragonard devient un court temps petit clerc de notaire. Il entre ensuite quelques mois dans l'atelier de Chardin (il prépare la palette de maitre). Fragonard a environ 16 ans quand François Boucher lui ouvre les portes de son atelier, il y restera trois années. En 1752 il remporte le Grand Prix de l'Académie royale avec "Jéroboam sacrifiant aux idoles" et intègre l'école royale des élèves protégés, dirigée par Carle van Loo.

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

Il part à Rome où il est pensionnaire de l'Académie de France. Devenu l'ami d'Hubert Robert, il fait la connaissance de l'abbé Saint-Non, avec eux il visite l'Italie.

Lorsque Fragonard rentre à Paris en 1762, Rousseau vient de publier "La Nouvelle Héloïse". La peinture de Fragonard sera le reflet de la littérature et de la philosophie de son siècle.

En 1765, Fragonard est agréé à l'Académie royale de peinture avec "Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé". L'œuvre triomphe au salon. Fragonard obtient un atelier au Louvre. Au XVIIIe siècle, le Louvre, devenu le palais des peintres s'était transformé en une communauté de grands artistes occupant des ateliers.

Dans une esquisse préparatoire Fragonard avait représenté Corésus en vieillard, il le transforma pour la toile définitive en jeune homme androgyne, ce qui dérouta ses contemporains qui ne reconnaissaient plus les caractéristiques de l'homme et du prêtre.

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers) et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

Corésus et Callirhoé - détail

Corésus et Callirhoé - détail

En 1769, il épouse Marie Anne Gérard, artiste peintre en miniature et originaire, comme lui, de Grasse. On connait peu de chose de la vie personnelle et de la jeunesse amoureuse de Fragonard, mais d'après les témoignages les plus fondés il fut bon époux et bon père. Le couple aura deux enfants, Rosalie et Alexandre-Evariste qui deviendra un peintre célèbre.

En 1777, Fragonard réalise pour le marquis de Véri "Le Verrou", et en pendant "L'Adoration des Bergers". Cette confrontation peut apparaître étrange, mais en y regardant bien les deux tableaux sont complémentaires. "Le Verrou" représente la tentation charnelle. Un homme déshabillé retient dans sa chambre une femme. Il cherche à fermer le verrou. Est-elle entrée de son plein gré dans la chambre ? Une pomme est posée sur le guéridon pour une Eve qui va peut-être finalement succomber, ou être forcée. A l'opposé "l'Adoration des Bergers" représente Marie, l'Eve pure de la création, les bergers s'inclinent de loin.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

1789, c'est la prise de la Bastille et le début de la Révolution. Fragonard fait un séjour à Grasse. De retour à Paris il abandonne progressivement la peinture, devient membre de la "commune des arts" et est nommé conservateur du Muséum central des arts au Louvre. Inauguré en 1793. Louis XVI vient d'être guillotiné.

Fragonard s'éteint le 22 août 1806 dans son logement du Palais Royal.

Si Fragonard a exploré avec bonheur la thématique amoureuse, les nombreuses œuvres exposées au Musée du Luxembourg prouvent qu'il aborda bien d'autres genres : paysage, peinture d'histoire, grand décor et portrait.

Les peintures accrochées dans les premières salles, titrées "mythologies galantes", sont mes préférées : "Céphale et Procris", "l'Aurore triomphant de la Nuit" et son pendant "Diane et Endymion", "Jupiter et Callisto". Au delà du drame, charme et volupté dominent. Les velours verts et turquoises vibrent avec les roses tendres : c'est soyeux, lumineux, je suis subjuguée.

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

Autres tableaux exposés :

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016
Petite parenthèse - Mon admiration pour Fragonard n'est pas nouvelle. J'ai interprété il y a longtemps ce tableau, chevalet installé dans la Grande galerie du Louvre où ne déambulait pas la foule d'aujourd'hui ...
"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa."La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

Un coup de cœur pour cette froufroutante et délicate "Laitière et le pot au lait", illustrant La Fontaine. Légère et court vêtue, le lait répandu, la fortune de Perrette s'échappe sous la forme d'un nuage.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

Des peintures délicates et puissantes, de nombreux dessins, livres et gravures vous attendent jusqu'au 24 Janvier 2016... courrez !!

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Souvent je suis passée devant le Grand Palais affichant l'exposition Picasso-Mania. J'ai été étonnée de constater le peu de monde qui s'y pressait : les expositions du Grand Palais attirent pourtant la foule. Une belle journée ensoleillée de décembre j'ai décidé de m'y rendre. Aucune file d'attente, personne, pourtant (le règlement c'est le règlement !) obligation de parcourir seule le long zigzag délimité par des cordes. Sur le perron les militaires Vigipirate papotent.

Enfin une visite qui s'annonce tranquille et agréable. Mais, pourquoi si peu de monde ? Peut-être parce que cette exposition est très controversée, que la critique n'est pas unanime, et que le musée Picasso vient de rouvrir ses portes.

Dans la première salle c'est Picasso lui-même qui nous accueille, figé sur son magnifique autoportrait bleu. Il s'est peint en 1901, il n'avait que vingt ans. Il se représente plus âgé, émacié, comme si le malheur allait le poursuivre longtemps, le buste large comme les peint Titien. Dans la salle suivante, dix huit artistes et architectes contemporains, filmés en portrait par Diana Widmaier-Picasso la petite fille du maître, expriment , l'un après l'autre, leurs sentiments et témoignent de l'influence de Picasso sur l'art contemporain.

Le parcours est ensuite un mélange thématique et chronologique, riche des œuvres de Picasso, parfois regroupées sur un mur, confrontées à celles d'artistes contemporains.

Aux grandes phases stylistiques et à certaines œuvres de Picasso répondent des œuvres de David Hockney, Jeff Koons, Adel Abdessemel, Andy Warhol, Jesper Johns, Antonio Saura, Jean Michel Basquiat…etc.

C'est après la seconde guerre mondiale que Picasso accède véritablement à une très grande notoriété. Son engagement au parti communiste français et dans le mouvement pour la paix font de lui une figure majeure de la vie politique et intellectuelle de cette période. "Guernica" peint en 1937 acquiert le statut d'icône. A partir de 1960 les artistes commencent à être fascinés par Picasso et par ses deux œuvres emblématiques : "Guernica" et "les Demoiselles d'Avignon" . Elles ne sont pas présentes dans l'exposition, bien sûr, mais sont fortement évoquées

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toileLes Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Je ne reviendrai pas sur la biographie très connue de Picasso . Je ferai juste une petite parenthèse sur la période des "Demoiselles".

Au salon d'Automne 1906, autour des "Tahitiennes" de Gauguin, se trouvent des pièces océaniennes et africaines qui bouleversent Matisse, Derain et Picasso. C'est à partir de là que Matisse et Picasso intègrent peu à peu l'art nègre dans leur création.

Au salon des Indépendants de 1906, Matisse expose "le Bonheur de Vivre" (175x241cm), il est à la pointe de l'avant-garde.

La même année, au "Bateau Lavoir " Picasso prépare sa réponse : "le Bordel d'Avignon" ( 244x234cm - Avignon en souvenir de la carrer d'Avinyò de Barcelone, célèbre pour son bordel, près de laquelle Picasso habitait) . Initialement, il veut représenter un marin dans un bordel entouré de cinq femmes, puis y faire entrer un étudiant en médecine portant une tête de mort. Le marin et l'étudiant disparaitront laissant cinq femmes, seules, debout, nues, certaines portant des masques nègres. Le titre sera changé en "les Demoiselles d'Avignon" par André Salmon lors du salon d'Antin de 1916 où la toile est montrée pour la première fois. "Les Demoiselles d'Avignon" marquait une rupture stylistique et conceptuelle qui annonçait l'avènement du cubisme et conduirait à l'abstraction.

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Dans cette exposition extrêmement touffue, j'ai admiré la centaine d'œuvres de Picasso, dont certaines méconnues, j'ai aimé les œuvres d'Antonio Saura, de David Hockney, de Kippenberger. J'ai détesté l'horrible "Qui a peur du grand méchant loup ?" immense accumulation d'animaux empaillés.

Mais en définitive les images que je conserve de cette visite, sont avant tout les œuvres de Picasso.

Alexandre Prouvèze, dans TImeOut résume parfaitement ma pensée :

"Pourquoi Picasso gagne-t-il systématiquement ? Où est sa botte secrète ? A cette question, l’exposition apporte une réponse. Certes, implicite. Mais ce qui crève finalement les yeux, c’est que cette puissance de l’art de Picasso tient avant tout à sa personnalité, à son humour, sa joie de vivre, son érotisme, son sens de l’excès. A sa spontanéité, aussi. Quelques instants passés ici devant ses portraits de femmes suffisent d'ailleurs à faire éclater la force séductrice et virile de son œuvre". Au bout du compte, le dialogue le plus fécond de ‘Picasso.Mania’ semble se tenir dans l’une de ses dernières salles, présentant la série de dessins pornographiques ‘Raphaël et la Fornarina’. Et il a lieu entre Picasso et, non pas l'un de ses successeurs mais son prédécesseur du XVIe siècle, le peintre Raphaël. "

Une dernière remarque : pourquoi Picasso-Mania ? Le titre s'inspire de la phrase du maître "je peins, c'est une manie".

EXPOSITION JUSQU'AU 29 FEVRIER 2016, à voir pour se faire sa propre idée.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......
Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......
Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnolePICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnole

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909 et Tête d'espagnole

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique
David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique
David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74 - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toileRudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

"Qui a peur du grand méchant loup ?"

Inspiré par Guernica, Adel Abdessemed évoque les massacres d'animaux commis quotidiennement dans nos sociétés modernes. Il utilise dans un format presque identique à celui de Guernica (3,63 x 7,70 x 0,40) - animaux naturalisés, acier , fil de fer - 2011-2012

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie
PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile - PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toilePicasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole
Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso
Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969

Picasso - superbe mur dont Le baiser 1969

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

Georg Baselitz Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

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L'estampe visionnaire de Goya à Redon - Petit Palais - Nov.2015
Cette exposition sur "le fantastique en noir et blanc" fait suite aux salles consacrées à Kuniyoshi (voir précédent article).

"Au même titre que la poésie, l'eau-forte garde surtout une empreinte d'âme. C'est une des matérialités de l'art qui comportent le plus grande somme d'esprit." - Armand Silvestre - écrivain, romancier, poète (1837-1901)

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Les gravures présentées dans cette partie de l'exposition, eaux-fortes, lithographies, gravures sur bois, ont été sélectionnées parmi celles de l'importante collection de la Bibliothèque nationale de France.

Le noir et blanc prédomine pour exprimer le romantisme du XIXe siècle. Les artistes puisent leur inspiration dans la littérature, Dante, Goethe, Hugo, Edgar Poe… Ils s'inspirent aussi des graveurs qui ont abordé les rives du fantastique, Rembrandt, Callot, Piranèse…

Durant cette visite, le diable et les chimères nous accompagnent, rêves et cauchemars nous poursuivent, nous traversons des paysages hantés, nous rencontrons des bêtes fantastiques, mais beaucoup d'œuvres sont connues et il est difficile de s'échapper du monde enchanteur de Kuniyoshi.

Faire ici un résumé serait réducteur, de trop nombreux artistes et techniques sont rassemblés dans cette exposition, je vous propose seulement de partager quelques images.

PHOTOS MP

Francesco Goya  (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Francesco Goya (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

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PHOTOS MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Une exposition merveilleuse dont les images ont imprégné ma mémoire. Un travail de gravure remarquable qui bien évidemment m'interpelle. Couleurs, formes, utilisation de l'espace, tout concourt à nous laisser muets et admiratifs. Loin des sentiers battus, l'œuvre de Kuniyoshi est une découverte qui ouvre des horizons nouveaux. Courez voir ce monde fantastique (jusqu'au 17 janvier 2016).

RAPPEL de la TECHNIQUE de "l'ukiyo-e" (image du monde flottant) mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo (1603-1868) comprenant surtout les estampes gravées sur bois.

Il s'agit d'une gravure en relief (xylographie), visuellement nous pouvons la comparer à un tampon. L'encre est déposée sur le relief, l'impression sur un papier produit une estampe.

La gravure est exécutée sur une planche de bois de cerisier, très apprécié pour la finesse de sa veinure et sa dureté.

Les estampes polychromes ukiyo-e sont le fruit d'un travail d'équipe qui comprend un dessinateur, un graveur et un imprimeur.

Le maître réalise un dessin à l'encre de chine sur un papier japonais très fin.

Le graveur enduit la planche de bois de colle à base de riz, puis place le côté recto du dessin sur la planche. Il frotte jusqu'à ce que les traits à l'encre de chine pénètrent dans le bois. Le papier part en lambeau, le dessin est détruit.

Le graveur creuse ensuite le bois autour des tracés d'encre de chine. C'est la planche de trait.

Il grave ensuite autant de planches qu'il y aura de couleurs sur l'estampe finale.

L'imprimeur prend le relais. Il utilise un papier japonais traditionnel, humidifié afin qu'il absorbe bien les pigments. Les planches sont enduites d'encre sur les reliefs, le papier est posé successivement sur les différentes planches, l'impression se faisant par frottement avec un tampon de feuilles de bambou. L'imprimeur commence l'impression en allant des teintes les plus claires jusqu'aux plus foncées.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Kuniyoshi est né le 15 Novembre 1797 à Edo (actuelle Tokyo). Il assiste tout d'abord son père, teinturier, en fournissant le dessin des pièces à teindre. A 11 ans, il attire l'attention du graveur d'ukiyo-e Utagawa Toyokuni. Il ne sera reconnu qu'à partir des années 1830.

Jusqu'aux années 1840 il réalise des triptyques dont les volets peuvent s'apprécier séparément. Il privilégie ensuite une seule et même composition au sein de ce format que l'on peut qualifier d'image panoramique. Tout au long de sa carrière il ne cessera d'enrichir et de renouveler son œuvre, non seulement en se référant à d'autres maitres de l'estampe japonaise, comme Hokusai, mais aussi aux graveurs de publications hollandaises.

A la fin de sa vie il assiste à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement. Kuniyoshi meurt le 5 mai 1861.

Kuniyoshi demeurera longtemps inconnu. On retrouve toutefois la trace de ses œuvres en France à partir de 1860. Ainsi Manet, Monet, Rodin, Van Gogh posséderont dans leurs collections quelques estampes de Kuniyoshi.

L'ŒUVRE DE KUNIYOSHI

LEGENDES, GUERRRIERS, DRAGONS

La représentation des guerriers contemporains étant interdite, les artistes trouvent leur inspiration dans la littérature et les aventures légendaires.

Maître du genre, Kuniyoshi tire parti des lignes droites comme des courbes pour exprimer la forme, le mouvement, la vitesse dont il emplit toute l'image.

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 -   deux premiers panneaux du triptyque

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 - deux premiers panneaux du triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

SAKATA KAIDO-MARU - vers 1836

Combat entre Kintarô et une carpe. Une sorcière qui vivait dans la montagne rêva qu'elle s'unissait à un dragon rouge et mit au monde ce petit garçon doté d'une force herculéenne.

CI-DESSOUS :

MIYAMOTO MUSASHI tue une baleine - vers 1847 - Exploits du héros du XVIIe, Miyamoto. La baleine qui tient tout l'espace de l'estampe exécutée en trois planches est une image puissante et fascinante. Mon grand coup de cœur.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ONIWAKA-MARU sur le point de tuer une carpe géante - vers 1845 - Oniwaka est encore un enfant, ses vêtements sont ornés de motifs de jouets. A lui seul il maîtrise la carpe. - DETAIL

CI-DESSOUS- Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LE MONSTRE SHUTEN-DOJI au mont OE - 1851 - Le monstre enlève les belles jeunes femmes de la capitale.

Minamoto no Yorimitsu accompagné de quatre compagnons part pour éliminer le monstre qui la nuit se transforme en démon. Son visage est en cours de transformation, sa main est déjà celle d'un monstre. Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

La princesse Takiyasha et son frère s'initient aux arts magiques et invoquent un monstrueux squelette dans l'ancien palais de Soma. 1845-1846 -

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ASAHINA se divertit sur l'île des nains - vers 1847

Asahina est un général de l'époque de Kamakuna (1192-1333) connu pour sa force surhumaine. Son épopée rappelle "les voyages de Gulliver". Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES GRANDS ACTEURS DU ABUKI (théâtre chanté et dansé)

A l'époque d'Edo, les acteurs sont adulés comme des stars. Les artistes reproduisent leurs traits dans de nombreux portraits gravés. Les affiches sont également exécutées sous forme d'estampes. Elles montrent les scènes principales de la pièce.

Ci-dessous : La légende du chat monstre pratiquant la magie près d'un temple en ruine - 1847

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES PLAISIRS D'EDO.

Edo est au XIXe siècle la ville la plus peuplée du monde. Les estampes transmettent les détails de la vie des japonais, spectacles variés, fêtes saisonnières, quartiers de plaisirs, figuration des courtisanes. Kuniyoshi par son originalité, sa fantaisie et son humour est l'un des derniers grands maîtres de l'ukiyo-e.

Trois courtisanes du Yoshiwara - 1833 - Trois dieux du bonheur couvrent trois courtisanes de pièces d'or. Détail

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

MOUSSON D'ETE - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

PAYSAGES AU BORD DE L'EAU

Ce n'est pas la spécialité de Kuniyoshi mais plus que les portraits d'acteurs et de courtisanes, ses paysages susciteront l'intérêt des amateurs du XIXe siècles.

CHUTES D'EAU, sanctuaire Sekison au Mont Oyama - vers 1842

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

VUE D'EMOSHIMA dans la province de sagami - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Capitale de l'est, la rivière MIYATO - vers 1831-1832

Kunisyoshi saisit ici les gestes quotidiens des hommes pêchant les anguilles.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

JEUX ET CARICATURES

En une période marquée par la censure, Kuniyoshi a hissé l'art de la caricature à son apogée.

Kuniyoshi utilise les jeux d'ombres pour donner un double sens à une image. Il bâtit également des portraits faits d'accumulations de corps humains nus (ou presque).

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Homme hautain - vers 1847

Homme hautain - vers 1847

Le Quartier de Honcho à Yokohama - 1860

Cette estampe est la dernière œuvre publiée du vivant de l'artiste qui a assisté à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Une projection anime le long couloir qui conduit à la suite de l'exposition : "L'ESTAMPE VISIONNAIRE DE GOYA A REDON". Restons pour l'instant dans le monde coloré de Kuniyoshi.

Celui du fantastique en noir et blanc fera l'objet du prochain article.

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" Velázquez a trouvé le parfait équilibre entre l'image idéale qu'on lui demandait de reproduire et l'émotion qui submerge le spectateur" Francis Bacon

Si l'on peut admirer , dans l'importante collection espagnole du musée du Louvre , Goya, le Greco, Zurbaran, Murillo, Ribera .., nous ne pouvons voir aucun tableau de Velázquez , seulement six œuvres de peintres qui gravitaient autour du Maître.

Le Louvre a manqué l'occasion de posséder un Velázquez lors d'un échange fait avec l'Espagne en 1941. Le Maréchal Pétain cherchait l'appui de Franco pour les négociations avec l'Allemagne. La France céda à l'Espagne des œuvres importantes comme "La dame d'Elche", une sculpture espagnole du Ve siècle avant JC, et "L'Immaculée Conception" de Murillo. En contrepartie, les conservateurs du Louvre pouvaient choisir au Prado deux tableaux parmi ceux que le musée possédait en deux exemplaires. Ils firent le bon choix entre les deux portraits d'Antonio de Covarrubias attribués au Greco. Manque de chance, entre les deux portraits de la reine Marie-Anne d'Autriche attribués à Velázquez, ils choisirent une réplique d'atelier.

cliquez sur les images pour agrandir
Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Velázquez Marie-Anne d'Autriche - Musée du Prado et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Les tableaux de Velázquez sont rares (cent vingt conservés aujourd'hui) et surtout concentrés au musée du Prado (ce qui est légitime), quelques uns sont à Londres, à Rome,ou à Vienne etc. L'exposition du Grand Palais est la première grande rétrospective consacrée au Maître, elle présente soixante quatre chefs d'œuvres.

10 h du matin, étonnamment pas de file d'attente. Il en sera de même lorsque je ressortirai, Vélasquez n'attire pas la foule, et pourtant…

… pourtant ses portraits sont une merveille de sobriété et de naturel. Sa peinture qui semble à première vue d'une réalité surprenante n'est constituée, si l'on se rapproche des œuvres, que d'une succession de touches, un "tremblé du pinceau" , étonnant dans les tissus, les dentelles.

Vélasquez travaille "alla prima", il attaque directement la toile sans dessin préalable. Ses ennemis affirmaient "tout son art se limite à savoir peindre une tête", Velázquez ne peint pas "une tête", mais des physionomies vivantes et présentes qui nous parlent. D'ailleurs le pape Innocent X aurait dit en voyant son portrait : "troppo vero".

 Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Diego Velázquez voit le jour à Séville en 1599. Ainé de huit enfants, d'un homme de loi d'origine portugaise et d'une demoiselle de petite noblesse, il se fera connaître sous le nom de sa mère selon la tradition andalouse. Très tôt il découvre sa vocation artistique. Il entre à 11 ans dans l'atelier de Francisco Pacheco. Après cinq ans d'apprentissage il est agréé par la corporation des peintres et épouse Juana, la fille de son maître.

A partir de 1623, Velázquez devient peintre de cour, "Peintre de chambre" du roi Philippe IV, c'est ce qu'il souhaitait ardemment. Il doit répondre aux demandes de répliques des portraits de la famille royale. Beaucoup sont peintes par son atelier, et par son bras droit, Bautista Martinez Del Mazo, qui deviendra son gendre.

En 1643 il est nommé valet de chambre, sans exercice, assistant de la surintendance des Travaux Particuliers. En 1649, il est chargé de rassembler des œuvres d'art pour le roi, il effectue ainsi son second voyage en Italie (il peint à Rome le portrait du pape Innocent X). Puis il obtient la charge suprême de grand maréchal du Palais et en 1659 l'habit tant espéré de l'ordre de Santiago (ordre militaire et religieux catholique - Velázquez porte l'emblème sur sa poitrine dans son tableau des "Ménines" peint en 1656 - il aurait été rajouté après sa mort). En 1660, année de sa mort, il assiste en qualité de grand maréchal, au mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.

La plus grande partie de sa vie, absorbée par les tâches administratives, son principal client étant le roi d'Espagne, Velázquez aura une production réduite. Il ne fera pas école (contrairement à Rubens, son rival à la cour de Philippe IV) et son style s'éteindra avec la mort de son gendre Del Mazo.

Le goût pour la peinture espagnole n'apparaît en France qu'au XIXe siècle. Tout comme le Caravage et Goya, Velázquez aura une influence sur les peintres de ce siècle et des suivants. Pour Manet il était "le plus grand peintre qui n'ait jamais existé". Il suscitera l'admiration de Picasso qui exécutera cinquante huit variantes sur les "Ménines" , et de Bacon qui peindra une série de quarante cinq tableaux sur le portrait d'Innocent X.

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Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les MéninesBacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Il est possible, pour certains visiteurs, que la succession des nombreux portraits de Velázquez et de ses collaborateurs paraisse ennuyeuse. Est-ce cela qui aura rebuté le public ou l'absence des célèbres Ménines ? Je ne vais pas me plaindre, j'ai pu admirer en toute quiétude les portraits aux regards puissants, la douceur des visages d'enfants, la beauté de Vénus, Saint Paul et Saint Thomas dont j'ai eu du mal à m'éloigner, l "Allégorie féminine" , et la merveilleuse "Sainte Lucine". L'impressionnant dernier tableau, énorme cheval blanc qui se cabre, sellé mais dépourvu de cavalier, semble prêt à galoper vers la profondeur sombre du tableau, laissant derrière lui le génie Velázquez et le siècle d'or espagnol.

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1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635
1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635

1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 - Pablo de Valladolid 1635

  - autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

- autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New HavenL'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux ArtsBodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National GalleryLe Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New YorkAllégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux ArtsSaint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - ViennePortrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulièreL'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

L’exposition présente évidemment de nombreuses toiles d’artistes que Velázquez a pu connaître, admirer ou influencer, beaucoup m'ont séduites mais j'ai volontairement choisi de ne présenter que des oeuvres du "peintre des peintres"

photos web - texte Michèle Pellevillain

Exposition au Grand Palais PARIS jusqu'au 13 juillet 2015

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Nota

Après les encombrants groupes et les audio-guides , arrive un nouveau joujou : les lunettes ultralégères (l'audio-guide finissant par faire mal au bras !) " Google Glass" avec commentaires et plan de visite intégré pour un certain nombre d'œuvres… on peut même zoomer. Onze paires étaient à la disposition des visiteurs moyennant 8 euros (hors billet) et 300 euros de caution : "Si l’on se contente de regarder les 12 œuvres, la visite dure environ 1h. Nous avons pensé qu’une visite courte pourrait peut-être séduire un nouveau public , commente Agnès Alfandari. Ce qui est certain, c’est qu’on ressort avec le sentiment d’avoir vécu une expérience différente de tous les autres visiteurs". Je ne commenterai pas !

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Markus Lüpertz - Musée d'Art Moderne Paris - juin 2015

Je vous emmène aujourd'hui à la rencontre d'un artiste qui m'était, je l'avoue, totalement inconnu. La rencontre se fait par un passage vers un parc mystérieux. L'inconnu, c'est l'aventure, je ne la partagerai qu'avec quelques aventuriers masculins. L'espace sera tout à moi, sans groupes encordés à un guide, sans visiteurs casqués : liberté et bonheur absolu.

En 1941, Markus Lüpertz naît en Bohême, d'un père tchèque et d'une mère polonaise. La famille n'est devenue allemande qu'après la guerre. Il quitte rapidement l'école pour entrer en apprentissage chez un peintre, fabriquant d'étiquettes de bouteilles de vin, puis chez un graphiste qui lui fait intégrer l'école d'art appliqué de Krefeld. Markus Lüpertz a seulement quinze ans et son père doit lui faire une autorisation pour peindre les nus d'après modèles.

Lorsqu'il commence à peindre, l'expressionnisme abstrait et le pop art dominent le monde de l'art. Rapidement il s'émancipe et trouve sa propre voie où il confronte figuration et abstraction : "Le retour à la figuration est une nécessité formelle faisant suite à l'abstraction. Après le cinq cent millième carré et la énième forme, le sujet était épuisé…. quand nous peignons des nus, des figures, des paysages, c'est un élargissement de l'abstraction" (entretien avec Yasmine Youssi)

En 1962 il s'installe à Berlin ouest où il créait une galerie. En 1976 il est nommé professeur à l'académie des beaux-arts de Karlsruhe, puis en 1988, il devient directeur de l'académie des beaux-arts de Düsseldorf.

La grande rétrospective présentée au MAM s'échelonne de 1964 à 2015. Elle est conçue à rebours (peut-être pour renforcer le lien que l'artiste fait entre présent et passé ou parce qu'il affirme « Je travaille comme si je devenais de plus en plus jeune ») et s'articule autour de différentes thématiques qu'il serait trop long de détailler, j'en citerai quelques unes avec les images.

Entrer dans le monde de Markus Lupertz, passer de salle en salle, c'est faire un voyage à travers des paysages aux couleurs vives, des montagnes sombres, des plaines aux blés murs, croiser Ulysse, Mozart, Saliéri, des géants en marche, des soldats. .. on rêve, on invente des histoires, on sourit. Markus Lupertz s'entretient avec les maîtres du passé : Picasso, Poussin, Goya. Parfois une œuvre fait penser à Baselitz , Chagal ou Basquiat .

Escale. Dans une salle sombre, une projection : rencontre avec l'homme Markus Lupertz. Il marche lentement dans une grande allée bordée d'arbres (sans doute en rapport avec le décor franchi à l'entrée). Il porte une grande cape et un chapeau, tient à la main une canne : il est d'un autre siècle, éloigné de son œuvre. Il s'assoit et lit un de ses poèmes. Interview : il pose, costume noir très chic, bagues d'argent, il est hautain, je dirai même suffisant : "Mes élèves m'adulaient". Joue-t-il un rôle ?. Il semble plus sincère accoudé à un bar, décontracté : "J'ai besoin de la ville, du bruit, de voir des gens.." Je le préfère couvert de plâtre, artiste au travail, dans sa vérité.

Après cette rencontre avec l'homme extravagant et égocentrique qui me fait penser un peu à Dali, retrouver ses œuvres de jeunesse me ravit. Eléments figuratifs simplifiés, isolés, grossis : casquettes, casques, tentes perdent leur identité et parviennent à une sorte d'abstraction.

Une dernière œuvre avant de quitter l'exposition, datée de 1963/64. Donald Duck me fait un clin d'œil : belle aventure n'est-ce pas ? Découverte d'un des plus importants représentants du néo-expressionnisme allemand. Et tu ne connaissais pas ? Ignorante que tu es !

Photos MP - cliquez sur les images pour les agrandir
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

Le matin ou Hoderlin
Le matin ou Hoderlin
Le matin ou Hoderlin

Le matin ou Hoderlin

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge
Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.
"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.
"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

2005 - Mozart et Salieri
2005 - Mozart et Salieri
2005 - Mozart et Salieri

2005 - Mozart et Salieri

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature
"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau
"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.
"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.
"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

1967 Arrangement pour une casquette

1967 Arrangement pour une casquette

Les blés
Les blés

Les blés

1965 - Tunnel de fleurs rouges

1965 - Tunnel de fleurs rouges

Donald Duck - 1963/64

Exposition jusqu'au 19 Juillet 2015 -

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Avenue du Président Wilson - 75116

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LES PASSIONS DE ROBERTO LONGHI

Le Musée Jacquemart-André abrite en ce moment une très belle exposition intitulée de Giotto à Caravage. Elle rassemble un certain nombre d'œuvres acquises par l'historien d'art , poète, écrivain et collectionneur Roberto Longhi.

Roberto Longhi naît à Alba dans le Piémont en 1890. Il étudie à l'université de Turin dont l'atmosphère conservatrice fait le désespoir de ses vingt ans. Marqué par ses origines piémontaises il s'intéresse plus aux peintres de l'Italie du nord qu'aux Toscans. En 1911, il propose une thèse qui apparaît, à l'époque, pour le moins originale ; elle concerne un lombard : Caravage. Est-ce le choc devant les toiles de Courbet vues à la Biennale de Venise en 1910 qui l'a mené à Caravage. Il dira du maître d'Ornans qu'il a "une sévérité dépouillée tout à fait caravagesque".

Au moment où Roberto Longhi soutient sa thèse sur Caravage, le XVIIe est relativement ignoré en Italie car étouffé entre le brillant XVIe , avec Raphaël et Michel-Ange, et l'élégant XVIIIe et les védutistes, Guardi, Canaletto, Pannini, Piranèse.

Caravage (1571-1610), de son vrai nom Michelangelo Mérisi (Caravaggio est le village où il est né), était considéré comme un peintre brutal et vulgaire. Sa peinture était jugée scandaleuse (il faisait poser des filles du peuple, des pochards et des prostituées), sa vie l'était tout autant, il fut arrêté et incarcéré de nombreuses fois. En 1600, les toiles peintes pour l'église Saint-Louis-des-Français (Le Martyre de saint Matthieu) l'ont rendu célèbre à Rome. Plus tard il sera adulé à Naples. Recherché pour meurtre il part pour Malte où il est intronisé chevalier. Une nouvelle incartade lui vaut un séjour en prison. Il s'évade et s'installe en Sicile pour une année. Il y peint "la Résurrection de Lazare". Il regagne Naples, peint "David tenant la tête de Goliath" . Victime d'un attentat, blessé, il part pour Rome à bord d'une felouque. En 1610, on le retrouve mort sur une plage près de Rome. Il n'a pas quarante ans.

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de CaravageCaravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.  Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Contesté de son vivant, il l'est encore plus après sa mort. Ses œuvres sont redistribuées à ses rivaux. Totalement oublié, il disparaitra durant trois siècles. Il faudra attendre 1890 et l'autrichien Wolfgang Kallab pour que des œuvres aux attributions discutées soient réattribuées à Caravage en se fondant sur le traitement de la lumière et sur certaines particularités. Avec la découverte de documents d'archives, d'autres spécialistes continueront les travaux, et en 1920 Roberto Longhi s'engage à son tour "On dit Michelange de Caravage, indifféremment ténébriste ou luministe. On l'a oublié, sans lui il n'y aurait pas eu Ribera, Vermeer, La Tour, Rembrandt. Et Delacroix, Courbet, Manet eussent peint autrement".

Roberto Longhi se passionne pour Caravage mais il contribue aussi à révéler les primitifs italiens des XIVe et XVe siècle, Giotto, Masaccio, Masolino. Il devient très tôt collectionneur et commence à acheter des toiles dès 1915. La peinture du Seicento n'intéressait personne, elle n'était donc pas coûteuse. Il gardera toujours près de lui, dans sa chambre, un exemplaire du "Garçon mordu par un lézard" de Caravage acquise en 1925, et prouvera que Caravage pouvait reproduire certaines de ses œuvres.

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

De 1934 à 1949, Longhi est professeur d'histoire de l'Art à l'Université de Bologne. Il formera plusieurs générations d'historiens d'art. Parmi ses élèves, Mina Grégori (Commissaire de cette exposition, spécialiste de Caravage), et le cinéaste Pasolini qui plus tard lui dédicacera son deuxième film Mamma Roma.

Mina Grégori explique que "la méthode de Longhi c'était l'œil….il a enseigné à ses élèves à penser avec le regard".

Pasolini disait de Roberto Longhi "il a été tout simplement, la Révélation" la confrontation des formes et l'arrêt sur les détails dans l'étude de Masaccio, Piero della Francesca, Caravage "était déjà du cinéma". Etrangement Pasolini, comme Caravage, sera retrouvé sur la plage d'Ostie près de Rome, assassiné à l'âge de cinquante cinq ans.

En 1949, c'est pour Longhi la consécration. Il est nommé à la chaire d'histoire de l'art médiéval et moderne de l'université de Florence (il demeure depuis dix ans dans les collines florentines). Il y exercera jusqu'en 1966.

Sa collection comprend 256 œuvres, maîtres anciens et modernes confondus, que Longhi se plaisait à comparer : Léonard à Renoir, Courbet à Caravage. Cette méthode critique innovante était faite d'aller-retour incessants entre les maîtres anciens et la peinture moderne. "L'histoire passée se colore toujours de celle du présent".

C'est sans doute grâce à Roberto Longhi que les amateurs d'art du XXe siècle ont soudain aimé Piero della Francesca , peut-être Giotto et surtout Caravage. En 1951, Roberto Longhi organise à Milan, au Palazzo Reale, une exposition "Caravage et les Caravagesques" qui connaît un grand succès. En 1985, le Metropolitan Museum de New York présente "l'Age de Caravage" avec des originaux récemment identifiés, et en 1988 le Grand Palais propose "Le Siècle du Caravage dans les collections françaises".

Caravage, peintre réaliste, adepte des gros plans et des cadrages serrés, spécialiste des clairs obscurs saisissants, est désormais considéré , grâce à Roberto Longhi, comme le génie précurseur de l'école naturaliste du XIXe siècle.

Roberto Longhi décède le 3 juin, chez lui Villa il Tasso, sous le regard du "Garçon mordu par un lézard". La Villa il Tasso est devenue la Fondation Longhi, lieu de pèlerinage des étudiants d'art italien.

Ne manquez pas cette superbe exposition, la foule n'y est pas considérable, seuls quelques groupes sont gênants. Il est facile de s'approcher des œuvres. C'est aussi un plaisir de flâner ensuite dans les appartements de ce bel hôtel particulier dont la collection de meubles et d'œuvres d'art est remarquable. J'aime y retrouver quelques tableaux de Botticelli, Carpaccio et Paolo Uccello.

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs  - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration  du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation LonghiMatthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

A la fin du parcours de l'exposition, j'ai été émerveillée et impressionnée par les trois magnifiques tableaux de Jusepe de Ribera installés côte à côte et de même format 126 x 97cm : Saint Barthelemy, Saint Thomas et Saint Paul. (Jusepe Ribera - 1591-1652) Lorsque Longhi fit l'acquisition de ces tableaux, il leur trouvait une similitude à l'art de Ribera qui s'était installé très jeune en Italie. Ils ont été attribués à Ribera en 2000.

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De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015

NOTA

Le Musée Jacquemart-André était à l'origine la demeure d'Edouard André. La construction de ce magnifique hôtel particulier fut commencée en 1868 (architecte Henri Parent). Edouard André , après une carrière militaire, décide de se consacrer uniquement à sa collection de tableaux, de meubles et d'objets d'art. En 1872 Il commande un portrait à Nélie Jacquemart . Il l'épousera en 1881.

En 1876, un grand bal marque l' inauguration de l'hôtel. Il est relaté dans le journal " l'Illustration" : « Rien ne manquait d’ailleurs pour faire du bal de M. André une de ces fêtes à sensation, dont les magnificences font époque. Les murs des deux pièces d’entrée, le vestiaire et le vestibule disparaissaient sous une tenture odorante de violettes et de camélias. Les dorures du double salon de danse ruisselaient, étincelantes sous les feux de mille bougies. »

Le Musée appartient depuis 1912 à l'Institut de France.

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Musée Jacquemart-André - 158 bd Haussmann - 75008 PARIS.

Exposition jusqu'au 20 juillet 2015

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